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Résumé de la communication
Pourquoi ce thème ? Dans sa communication au colloque international portant sur la littérature comme objet social, Michel Biron intitulait ainsi sa présentation : « La sociocritique : un projet inachevé ». Ce titre assez révélateur montre en effet toute la difficulté scientifique à pouvoir saisir la sociocritique de manière univoque si l’on ne s’inscrit pas d’avance dans la perspective d’un théoricien. Dans certains travaux antérieurs, telle ma thèse portant sur Lecture sociocritique du roman gabonais, j’ai tenté, pour reprendre Ruth Amossy, de joindre « l’analyse sociocritique à la réflexion théorique [...] Dans la mesure où il tentera de dépasser les frontières d’un certain formalisme,... ». Ce qui m’a permis d’aboutir à une réflexion sur l’oralité comme sujet et comme objet du discours social et du sociotexte. Dans les limites théoriques des catégories d’analyse définies par Claude Duchet, l’oralité n’apparaît pas comme une transcription du discours social dans le texte littéraire. La vision du théoricien se limite encore au texte à la Balzac. Or, l’oralité n’est pas la seule particularité du roman d’Afrique subsaharienne (forme d’idées reçues et de stéréotypes cf. Ruth Amossy), le roman québécois en porte lui aussi des marques. Certes, l’inscription de l’oralité dans les deux romans n’apparaît pas de la même manière. Dans le premier, son inscription est encore tributaire, voire conditionnée par le contexte socio-idéologique qui gouverne les sociétés africaines. Par contre dans le second, l’oralité s’inscrit dans le discours textuel pour affirmer une certaine identité culturelle par le langage. Alors, comment s’inscrire dans la suite de Duchet en considérant l’oralité comme marque effective du discours sociotextuel ? Cette démarche est en effet envisageable, surtout quand Duchet affirme lui-même, dans Poétique, : « Pour une démarche sociocritique, il ne s’agit pas d’appliquer des normes et des étiquettes, mais d’interroger les pratiques romanesques en tant que productrices d’un espace social, que j’ai proposé d’appeler société du roman ». Je voudrais aussi à cette occasion confirmer le rôle essentiel de la société du roman et affirmer celui fondamental du hors-texte et du cotexte dans l’analyse du discours sociotextuel. C’est autour de cet enjeu que doit porter ma réflexion au cours de ce congrès.
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