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Espace public, architecture et pouvoir à Bucarest et à Québec

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Cristina Bucica

Résumé du colloque

Devenu un concept fondamental dans la théorie contemporaine de la démocratie, le concept d’espace public renvoie, selon Daniel Dayan (1994, interprétant la distinction de Habermas, 1974), à deux notions différentes : la sphère publique d’apparition, ou acteurs, actions, événements et problèmes sociaux accèdent à la visibilité, et la sphère publique de débat. L’espace public peut être défini donc, dans les termes les plus simples, comme « être vu et entendu par les autres » (Glazer, Lilla, 1987). Dans cette définition, certains auteurs insistent sur l’importance du discours dans l’exercice du pouvoir (Bourdieu, Foucault, Habermas), d’autres, tenant plutôt des tendances post-linguistiques, considèrent que la place du langage a été prise par l’image (Balandier, Fairclough). Ma communication privilégie une interrogation au niveau de l’articulation entre le voir et le dire, plutôt que la perpétuation de leur prétendue opposition (D. Mehl, 1994), et se propose de saisir, à travers cette optique, le rapport entre architecture et pouvoir à partir de l’étude de deux villes, Bucarest et Québec. Le pouvoir trouve dans l’architecture, dans l’urbanisme, dans la ville en général un domaine idéal pour figer son image aussi bien dans l’imaginaire quotidien des gens que dans l’histoire. Je me propose donc d’analyser les discours et les pratiques du pouvoir, car la mise en scène du pouvoir, l’image qu’il veut donner de lui-même se traduit en fait par ce que dit et ce que fait le pouvoir. La démarche méthodologique comporte une étude de cas comparée (Yin 1989), le cas de Bucarest dans la période communiste (les années 1960-1990), étant suivi par une mise en perspective théorique, renforcée par l'étude de cas sur Québec dans son contexte démocratique, dans la même période. Dans les recherches sur les phénomènes politiques en Europe de l'Est, l'étude des villes et des transformations subies suite à l'intervention directe du pouvoir fait défaut. Le concept d’espace public sert non seulement comme moyen d’approcher le rapport entre architecture et pouvoir, mais intervient aussi au niveau de la formulation d’hypothèses, car dans la mesure ou on définit l’espace public comme multiplicité de points de vue, dans quelle mesure peut-on encore parler d’espace public de l’architecture dans une ville totalitaire? Peut-être uniquement au niveau de la sphère d’apparition, donc de consommation publique de l’architecture.

Contexte

manager icon Responsables :
Martin Bressani
host icon Hôte : Université d’Ottawa

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