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Essais de destruction des plantes ligneuses avec le 2,4-D et le 2,4,5-T

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J.-Emile Jacques

Résumé du colloque

Une trentaine d'espèces de jeunes arbres et arbustes et une quinzaine d'espèces de mauvaises herbes vivaces ont été traitées au 2,4-dichlorophénoxyacétate isopropylique et au 2,4,5-trichlorophénoxyacétate isopropylique. Ces deux composés ont été employés dans de l'eau soit séparément, soit en mélanges, et les concentrations ont été calculées pour que l'équivalence en acide varie de 1,000 à 5,000 p.p.m. Le cenellier (Crataegus spp.) s'est comporté de façon erratique à la plupart des traitements, mais le mélange 2,4-D et 2,4,5-T à 5,000 p.p.m. d'acide paraît s'approcher de la concentration léthale pour la plante. Il semble que le 2,4,5-T lui soit légèrement moins toxique que le 2,4-D. Bien que reconnu comme résistant au 2,4-D ou au 2,4,5-T, le frêne (Fraxinus pennsylvanica) a réagi plutôt favorablement. Les deux herbicides semblent également toxiques à cette essence. Le 2,4,5-T paraît exercer une action spécifique sur les plantes suivantes: érable, tilleul, cornouiller, ronce, spirée, célastre, rosier sauvage, amélanchier et chèvrefeuille. Le frêne, l’orme, le peuplier, le vinaigrier, l’herbe à la puce, le saule et la vigne sauvage paraissent également sensibles aux deux herbicides. Cependant, le cerisier à grappes et le sureau semblent plus vulnérables au 2,4D. L’aulne, le bouleau et le physocarpe réagissent très favorablement au mélange 2,4D et 2,4,5T. Le pommier sauvage et le mûrier ne sont pas affectés par 2,000 p.p.m. d’acide 2,4D. Néanmoins, le groseillier succombe rapidement au même traitement. Artemisia vulgaris, Arctium minus, Oenothera biennis, Cichorium intybus, Taraxacum officinale, Lactuca scariola, Vicia cracca et Rumex occidentalis sont très sensibles à 2,000 p.p.m. d’acide 2,4D. D’autre part, les espèces suivantes se comportent de façon erratique ou ne réagissent pas à la même concentration de 2,4D : Solidago spp., Asclepias syriaca, Linaria vulgaris, Hemerocallis fulva, Verbascum thapsus, Aster paniculatus, Tanacetum vulgare. Ces essais préliminaires doivent être considérés comme une série de coups de sonde qui ouvrent la voie à des recherches plus poussées. Contrairement à celle des régions plus méridionales, notre flore compte peu d’essences qui réagissent mal aux herbicides sélectifs; le celtisier, le frêne et l’érable sont les seuls qui peuvent former un pourcentage important de sujets résistants ou à comportement erratique à l’égard de traitements connus. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives des essais faits au cours du dernier été. Si nous avons déjà des observations intéressantes, c’est, néanmoins, le printemps prochain, lors du réveil de la végétation, qu’il faudra faire les relevés définitifs qui nous indiqueront jusqu’à quel point tel ou tel traitement a été efficace. Cependant, considérant l’ensemble des traitements que nous avons faits au cours de la dernière saison et la façon dont les plantes ont réagi, nous croyons pouvoir dégager les conclusions ou recommandations suivantes : a) Sous notre climat, il semble qu’il soit trop tôt à la fin de mai pour commencer l’arrosage des arbustes, car si chez certains la pousse annuelle atteint déjà six pouces de longueur, on en compte peu dont les feuilles soient complètement étalées. Les traitements ne devraient pas débuter avant le 10 ou le 15 juin. b) A moins qu’il ne s’agisse de traiter uniquement des plantes réactionnelles à l’un ou à l’autre des deux herbicides, il semble y avoir avantage à employer le 2,4D et le 2,4,5T en mélange à parties égales. c) La concentration optimum d’acide devrait être d’environ 3,000 p.p.m. ou 0.3%. Si l’on excepte les cas de plantes récalcitrantes, nous ne croyons pas qu’il y ait lieu de dépasser cette quantité. d) Il nous semble désirable d’utiliser un pulvérisateur qui peut maintenir une pression régulière de deux cents livres au pouce carré et d’arroser avec une lance à un seul gicleur; la pénétration sera meilleure et les petits plants recouverts par la végétation plus haute seront atteints. e) Non seulement le feuillage doit être bien mouillé, mais il semble aussi qu’il y ait avantage à arroser copieusement l’écorce des branches et du tronc. Le travail devient peu onéreux lorsque les résultats sont bons; et nous croyons qu’il ne faut pas tant chercher à épargner l’herbicide que de ne pas le gaspiller. Ainsi les recommandations concernant la quantité de liquide qu’il faut appliquer sur une étendue donnée peuvent varier beaucoup selon la densité de la végétation et sa hauteur. Disons que deux cents gallons à l’ acre nous paraît être un minimum pour une végétation qui occupe presque toute la surface. f) Le cenellier étant une entité importante de la flore arbustive qui abonde dans les champs incultes, le long des fossés et des clôtures, ou en bordure des routes, nous croyons qu’il ne serait pas recommandable, dans l’état actuel de nos connaissances, de traiter les endroits fortement infestés avec des herbicides sélectifs. De plus, si cette plante réagit parfois favorablement en juin et au début de juillet, elle semble devenir très résistante vers la fin de ce dernier mois ou dès que les fruits sont formés.

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Agronomie
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