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Esthétique machinique : la représentation est-elle une hypothèse recevable

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Daniel Bérubé

Résumé du colloque

L’avènement de pratiques et, de façon corollaire, d’une esthétique qu’on peut, dans le sillage des propositions radicales de Deleuze et Guattari, définir comme machiniques, remet en jeu l’ensemble des postulats et des axiomes qui permettaient, dans les paradigmes classiques, d’assurer la consistance des productions signifiantes et esthétiques. À la conception « économique » du sens (Goux) se substitue désormais une compréhension « écologique » (Guattari) où l’idée de représentation, fondement de nos systèmes de sens, de pouvoir et de désir, est totalement désamorcée au profit de fonctionnements multiples et hétérogènes originant de toutes parts. La crise de la représentation dont on parle beaucoup n’est rien d’autre que le symptôme du passage d’une sémiotique transcendantale à une sémiotique de l’immanence sans garantie, qui repère ses éléments entre chaos et cosmos. La problématique générale du signe sous-tend, présuppose, la question préalable de la place que l’interprète est censé occuper par rapport au phénomène signifiant considéré. Le sujet ne peut être réduit au statut d’un processeur manifestant la capacité unique de transformer les influx sensoriels et/ou les intrants signalétiques en significations. Il fait au contraire corps avec les multiples agents du procès au point d’être indistinguable et indissociable des déplacements, transferts et transformations qui y surviennent. Le sujet et/ou le sens (puisqu’aucune distinction claire n’est possible entre l’un et l’autre) est/sont machiné(s) ensemble dans un même procès. Dès lors, nul procédé d’expression, nulle finalité expressive ne peuvent être posés comme corollaires du procès de sémiose qui, au contraire, est tout entier tendu dans la processualisation d’une existence, une existentialisation, et c’est cette existentialisation qui reproblématise à un niveau supérieur ce qui était abandonné au principe de représentation. Nous tenterons de décrire plus avant la sphère machinique en prenant appui sur la cartographie schizoanalytique développée par Guattari d’une part et, d’autre part, sur des pratiques esthétiques radicales contemporaines (Krisztof Wodisko, Knowbotics, etc.) qui font une large place à des intermédiaires technologiques. Il s’agira pour nous de montrer comment fonctionne ce nouveau paradigme machinique tant au niveau de la théorisation que de la pratique expressive. Le principe machinique, bien que rendu nécessaire par l’avènement de ce que Guattari appelle le « Paradigme esthétique » — c’est-à-dire le dégagement d’une créativité processuelle fondamentale au centre de l’énonciation collective — manifeste néanmoins une efficience générale, transhistorique, sur laquelle nous insisterons de manière à montrer clairement comment la machination esthétique a pu jouer le rôle d’un foyer d’énonciation privilégié tout au long de l’avancée historique de nos sociétés.

Contexte

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Théories et objets métissés
host icon Hôte : Université de Montréal

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Titre du colloque :

Théories et objets métissés

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