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Facteurs de risque personnels : le rôle du sexe et du genre

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Margaret R. Becklake

Résumé du colloque

Des facteurs biologiques (soit dimensionnels, endocriniens, ou immunologiques) liés au sexe et des facteurs socioculturels engendrés (soit le genre de vie) sont impliqués dans la survenue différentielle de l’asthme chez les hommes et les femmes. Même si durant l’enfance les garçons semblent être plus à risque que les filles, dès l’adolescence et pendant l’âge de la fécondité, les femmes sont plus à risque que les hommes. En dépit du fait que les poumons féminins sont plus petits et plus légers que les poumons masculins du même âge tout au long de la vie, les femmes semblent bénéficier d’avantages dimensionnels. Ces derniers sont liés au rapport de la taille des voies aériennes avec celle des espaces aériens distaux, plus élevés dans les poumons féminins, favorisant ainsi les débits expiratoires. Quant aux facteurs endocriniens, ils exercent aussi une influence sur l’appareil respiratoire lors de chaque étape de la vie. Par exemple, aux périodes pré- et périnatales, le développement des poumons du foetus féminin est plus avancé que celui du foetus masculin, surtout en fonction de la production de surfactant. Des avantages persistent aussi durant l’enfance car les voies aériennes des filles réagissent de façon moins active lors de manoeuvres de provocation bronchique, un avantage perdu à l’adolescence. Chez les femmes adultes, des modifications dans le comportement des voies aériennes surviennent au cours du cycle menstruel, lors de la grossesse et en relation avec la ménopause. Du point de vue immunologique, même si la prévalence de l’atopie est plus élevée chez les garçons que chez les filles, le taux sanguin d’IgE reste plus bas chez la femme que l’homme tout au long de la vie; aussi la réactivité cutanée aux allergènes ne semble être influencée par le sexe que pendant l’enfance. Des facteurs socioculturels interviennent à tous les niveaux de l’étiologie (différences dans l’exposition aux facteurs de risque) dans la perception des symptômes et dans la prise en charge par le corps médical. Il nous faut donc tenir compte de ces différences au niveau clinique, au niveau de santé publique et au niveau de recherche en les reconnaissant comme facteurs d’explication et d’investigation plutôt que des facteurs confondants à être contrôlés au sens statistique.

Contexte

manager icon Responsables :
J. Milic-Emili
host icon Hôte : Université McGill

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