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Fantasmes d'auto-engendrement et imaginaire clonal dans la littérature : « La possibilité d'une île » de Michel Houellebecq

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Sylvie Boyer

Résumé de la communication

Parce que les "transformations du vivant" (Lasvergnas) opérées par les technosciences touchent aux frontières mêmes de la vie, de la mort et de la filiation, les motifs qui sous-tendent l’impulsion de la science à agir sur le vivant tel un objet devenu instrumentalisé et à repousser les limites de ce qui, depuis toujours, définit l’humain, dépassent le domaine biomédical et concerne l’ensemble des sciences humaines, dont la littérature. La question du clonage humain (dont la science fait miroiter la possibilité) réactualise dans des termes inédits dans le réel et dans la matérialité des corps le fantasme d’auto-engendrement que l’on retrouve dans la littérature et, de façon toute particulière, dans l’acte autobiographique. Cette communication propose de réfléchir au fantasme d’auto-engendrement tel qu’il est soutenu par une certaine «médecine du désir» (Vacquin). Le dernier roman de Michel Houellebecq, La possibilité d’une île — qui est le récit de Daniel 24 et de Daniel 25 qui lisent, commentent et prolongent le récit de vie rédigé par Daniel 1, leur ancêtre cloné au XXIe siècle —, nous servira d’assise dans le cadre de cette réflexion. L’autobiographie figurée dans ce roman, perpétuellement reconstruite — et reconduite — par une série de «doubles-en-corps», soutient une illusoire et bien étrange captation spéculaire du «je». Dans cette singulière traversée du miroir, c’est le désir de duplication identitaire qui est mis en scène, ce désir d’impossible.

Résumé du colloque

Ce colloque sera l'occasion du lancement du numéro 18 (printemps 2009) des cahiers littéraires Contre-jour.

Contexte

host icon Hôte : Université d’Ottawa

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