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Résumé du colloque
Le peuplement des régions périphériques québécoises a été tributaire de l'extension de l'exploitation forestière à laquelle se sont greffées progressivement les activités agricoles. Les lots de colonisation, prélevés surtout à même les concessions forestières, ont constitué la base de la petite propriété foncière privée. Nous allons examiner la problématique actuelle du foncier agricole et forestier dans l'Est du Québec, tout en tenant compte de la toile historique de son émergence et transformation. Notre objectif est de mettre en évidence la dynamique de reproduction de la propriété foncière dans la période actuelle et de dégager les différences entre les attitudes et stratégies à l'égard des terres forestières et agricoles. Sur cette base, nous voulons également souligner quelques implications de ces dynamiques pour les tendances présentes qui déterminent l'évolution du rôle joué par l'agriculture et l'exploitation des forêts privées dans le développement de l'Est du Québec. En ce qui concerne la méthodologie de notre recherche, nous partons des enquêtes extensives réalisées auprès des agriculteurs, propriétaires de lots boisés et les travailleurs forestiers. Ces enquêtes ont été conçues non seulement de manière à dresser un portrait socio-économique de ces divers groupes, mais aussi pour permettre l'analyse des représentations et attitudes à l'endroit de la terre, des stratégies familiales et professionnelles, des perceptions de l'évolution de leurs secteurs respectifs, etc. L'interprétation des données repose sur la construction de typologies, à l'aide de l'analyse multivariée, reflétant les tendances fondamentales qui fragmentent chaque groupe. Notre interprétation s'appuie également sur une lecture historique des phénomènes observés, mettant en évidence des points de rupture, mais surtout, une forte continuité du rôle joué par le foncier. Voici les principaux thèmes et résultats que nous voulons discuter : les stratégies foncières et, d'une manière générale, l'attitude à l'égard de la terre sont opposées pour ce qui a trait à la terre agricole et à la terre forestière. Alors que la première est considérée comme la base de l'existence économique et sociale de la famille et, à ce titre, obéit à des règles de transmission particulières dont nous dégageons les principales articulations, les motifs de possession des lots forestiers sont, dans une très large majorité de cas, extra-économiques, incluant notamment une importante composante ludique. Les règles de transmission, les processus de concentration, morcellement, etc. traduisent ces différences. Ainsi, par exemple, la terre agricole est transmise du vivant du père à un fils alors que la terre forestière est conservée très souvent jusqu'à un âge avancé et fait partie de la succession. Par ailleurs, la possession de la terre agricole est étroitement liée à l'identité professionnelle du propriétaire, tandis que c'est très rarement le cas pour ce qui est de la terre forestière. Le travail agricole demeure toujours largement familial, tandis que dans la forêt, c'est le travail du propriétaire individuel qui prédomine, avec un apport substantiel du travail salarié, presque marginal en agriculture. Les propriétaires de lots boisés, nettement plus âgés que les agriculteurs, entretiennent ainsi une forte demande de lots à laquelle ne fait face qu'une offre très limitée. Ceci conduit vers un blocage du marché foncier dans la forêt privée, vers la reproduction d'une multitude d'unités de faible taille, vers le morcellement de la propriété en cas de tentative d'accumulation foncière, ainsi que vers la formation d'un système de prix détachés de la fonction productive de la forêt privée. Ces faits constituent autant d'obstacles de taille aux velléités d'une minorité voulant mettre sur pied une exploitation forestière viable à titre de travailleurs ou entrepreneurs autonomes (les fermes forestières par exemple). L'ensemble des attitudes et stratégies dégagées montre également les difficultés à concevoir une politique d'aménagement forestier uniforme, voire les limites à la pénétration de programmes gouvernementaux qui s'adressent aux propriétaires de lots boisés. Si la ferme familiale, forme quasi-exclusive de la production agricole, s'adapte constamment au contexte social et économique, la logique de transformation de l'exploitation forestière sur des lots privés est tout autre. Les dimensions culturelles et sociales (notamment patrimoniales, de loisir, etc.
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