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Formalismes divergents: retour sur les positions respectives de Roger Fry (1866-1934) et de Clive Bell (1881-1964)

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Pierrette Jutras

Résumé du colloque

Au moment où le formalisme se voit souvent réduit à un néo-platonisme démodé, il importe de contrer un tel simplisme et de souligner la diversité des théories, des méthodes et des productions qui, d’entrée de jeu, s’élaborent sous cette bannière. L’analyse des textes de deux pionniers du formalisme anglais, soit les critiques d’art Roger Fry et Clive Bell, illustre bien l’ambiguïté de leurs cas qui peuvent se confondre en excès d’absolu champ formaliste. En effet, partant d’une même exhortation à l’analyse plastique iconographique, Fry et Bell se distinguent sur l’essence même de la signification formelle ("Significant Form" ou "significative expression form") qui présuppose le caractère "émotionnel" de ce postulat formel. Fry, Bell, respectivement, développement des thèses en soi, esthétiques, mais tout autant irréconciliables. Selon que nous suivions Fry ou Bell, nous serons exposés: a) à des procédés qui activent, selon Fry, des "effets d’âmes"; b) à des choix esthétiques, selon Bell, à caractère syncrétique, des auteurs soit conceptuel, soit affective. Par exemple, alors que Fry cherche une signification intelligible et communicable, Bell proclame une signifiance bouleversante et indicible; alors que Fry traite la forme visuelle comme un instrument épistémologique permettant d’élargir la connaissance de l’expérience humaine dans le monde phénoménal, Bell présente la forme visuelle comme un point de passage vers un tout "autre monde", idéal et métaphysique. Bref, alors que Fry visualise dans un créneau à visée scientifique qui ouvre sur les préoccupations et les méthodes de la sémiotique actuelle, Bell rejoint l’idéalisme de l’esthétique traditionnelle et présente sa "Significant Form" comme un signe essentiellement mystique, peut-être une trace des formes platoniciennes. Non moins, au plus de distinguer le formalisme de Fry de celui de Bell, une visée est ici de mieux illuminer une formalisation d’appartenance aristotélicienne que l’histoire de l’art tend à occulter ou à traiter en parent pauvre ou égaré par rapport au modèle néo-platonicien.

Contexte

news icon Thème du colloque :
Histoire de l'art et esthétique
host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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Titre du colloque :

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