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Formation à distance : au nom de l'usager

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Viviane Glikman

Résumé du colloque

Sous les pressions concomitantes de la massification de la demande de formation et du développement des technologies de l'information et de la communication, l'offre éducative en matière d'enseignement à distance s'accroît, se diversifie et recourt à des supports techniques de plus en plus complexes (Internet en est le dernier avatar) pour assurer aussi bien la transmission des connaissances que les fonctions tutorales. Ces dispositifs médiatisés, réputés souples et flexibles, censés ouvrir la formation vers des publics nouveaux, permettre individualisation de l'apprentissage, accessibilité des savoirs, transformation de la relation pédagogique..., placent, dit-on, l'apprenant "au coeur du système" et favorisent son autonomie. Une recherche menée à l'INRP s'interroge sur la réalité de ces affirmations et s'intéresse aux points de vue des apprenants : attentes, motivations, représentations, stratégies, capacités d'intervention, etc., en regard des représentations et des pratiques générées par les technologies et présupposées par les concepteurs des dispositifs. Elle étudie les modes de négociations mis en oeuvre par les apprenants entre les consignes édictées par le système et leurs pratiques effectives (entre "usages prescrits" et "usages réels") et les relations que, ainsi promus au rang d' "usagers autonomes" de la formation, ils entretiennent avec l'offre éducative et l'ensemble des médias et ressources qui la composent. Elle pose ainsi, à travers une approche à dominante sociologique, la question des "rapports d'usage" (Vedel, 1995), qui s'inscrivent au croisement de plusieurs "logiques" en interaction, logiques socio-économiques et technico-économiques d'une part, logiques de l'offre et de la demande, de l'autre. Dans un premier temps, afin d'identifier des terrains d'enquête contrastés, une typologie des "logiques de l'offre" a été construite, en fonction du degré de "médiatisation technique" (nature, nombre et importance des médias mis en oeuvre) et du degré de "médiation humaine" (importance des situations d'échanges interpersonnels entre apprenants et formateurs et entre apprenants). Dans un second temps, des entretiens non-directifs centrés sont réalisés auprès d'un échantillon diversifié d'apprenants inscrits dans les différents types de dispositifs identifiés. Leur analyse, actuellement en cours, laisse d'ores et déjà percevoir que l'usage des technologies est conditionné par autant de contraintes matérielles et culturelles que celui des moyens traditionnels et n'influe que partiellement sur des rapports à la formation marqués par la prégnance des enjeux individuels et collectifs. En revanche, le rôle du "lien social" - avec l'institution, les formateurs et les pairs - apparaît fondamental dans un processus d'apprentissage où l' "interactivité technique" ne peut se substituer à l' "interaction humaine" (Bélisle et Linard, 1996). Des éléments d'analyse plus détaillés seront disponibles lors du colloque.

Contexte

host icon Hôte : Université Laval

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