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Résumé du colloque
Lors de cette communication, nous nous interrogerons sur un nouveau « genre » littéraire tel qu'il est proposé dans les textes officiels de 6e, première classe de l'enseignement secondaire français accueillant des élèves de 11-12 ans. Étant considérée comme relevant de la lecture personnelle que l'élève pratique hors du collège, la littérature de jeunesse était à peine mentionnée dans les programmes de l'enseignement du secondaire jusqu'en 1995. En 1996, elle fut officiellement introduite en 6e sous la forme d'une liste d'oeuvres subdivisée en cinq parties qui correspondent aux « genres courants », expression que Dominique Combe choisit pour désigner une « typologie des genres usuels sur laquelle, en deçà des débats théoriques, lecteurs et auteurs, éditeurs et critiques s'entendent implicitement » : contes, poésie, romans et récits, albums et bandes dessinées. Dans la partie « romans et récits », à côté des habituels sous-genres romanesques (merveilleux, historique, policier, fantastique et science-fiction), figurent les « romans et récits centrés sur la vie affective » qui ne correspondent pas à une catégorie générique « courante ». Dans le cadre d'une étude des représentations associées à l'enfance, nous avons choisi de nous intéresser à cette nouvelle série en analysant la dizaine d'oeuvres francophones non traduites. S'agit-il d'une nouvelle appellation pour désigner des romans sentimentaux qui privilégieraient la vie émotionnelle de l'enfant-personnage ou d'un nouveau genre, plus complexe, présentant une écriture spécifique où la domination du point de vue de l'enfant impliquerait certaines modalités de récit ? À travers des oeuvres centrées sur la vie affective, quelles représentations de l'enfance propose-t-on à l'élève ? Serait-ce une image universelle, stéréotypée ou une image réaliste, reflet du jeune lecteur contemporain qui l'inviterait à s'interroger sur ses relations à l'autre et à lui-même ? L'objectif principal du collège étant de former des citoyens, a-t-on choisi de transmettre au jeune lecteur des messages moralisateurs afin de favoriser une prise de conscience des réalités sociales et intimes qui lui permettrait de se forger une identité de sujet-critique en découvrant un univers qui lui est proche ou étranger ? À la lumière d'analyses thématiques et narratologiques, nous tenterons de dégager les éventuelles constantes qui pourraient définir ce qui apparaît comme un sous-genre de la littérature de jeunesse.
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