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Impureté religieuse et immunité biologique : Greffes d'organes et rejet symbolique : Le cas du porc comme animal porteur d'interdits

CS

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Christian Saint-Germain

Résumé du colloque

L'offre technologique imminente de transferts d'organes d'origine animale, en particulier celle reliée à la culture d'organes par l'élevage du porc, vers des receveurs humains, oblige à considérer des problèmes de toutes natures dans l'ordre des anthropologies religieuses. Dans cette optique, il importe de se demander, si par-delà les questions fréquentées par le droit, telles la notion de consentement, de souffrance des animaux ou encore, celle relative au respect des convictions religieuses dans le cas des transfusions sanguines (témoins de Jéhovah) par exemple, l'élection du porc comme animal stable du point de vue biologique n'est pas irrémédiablement frappée d'une surdétermination symbolique négative (il est en effet difficile d'imaginer un animal moins neutre)? Le modèle porcin offre certes aux chercheurs un certain nombre de garanties de sécurité quant à l'innocuité des transferts génétiques dont il se fait l'hôte. Toutefois, le choix de cet animal qui s'avère être pour les scientifiques un des modèles biologiques les plus commodes est en fait, du point de vue de nombreuses anthropologies religieuses, un des plus incommodes. Le passage de la frontière des espèces implique donc que soit pris en compte, les anciennes mais toujours présentes taxinomies religieuses relatives à la pureté et à l'impureté animale. À moins bien sûr, que dans ce passage même, ne s'affaisse définitivement tout classement hiérarchique et ne devienne caduque toute l'économie symbolique différentielle entre l'animal et l'humain. Ou bien encore, que les questions relatives à la pureté et à l'impureté ne soient désormais comprises que comme des « réticences irrationnelles » ou des « atavismes pittoresques » issues d'un univers pré-technologique?

Contexte

manager icon Responsables :
Thérèse Leroux
host icon Hôte : Université Laval

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