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Résumé du colloque
Des études antérieures faites dans notre laboratoire ont montré que le jeûne et la prise de nourriture modulent de façon significative la néphrotoxicité de la gentamicine (G). L'objectif de cette étude était de vérifier si les macronutriments de la diète influencent la toxicité rénale de G. Des rats Sprague-Dawley femelles (N=45) pesant entre 200 et 225g ont été répartis en 3 groupes (n=15) et adaptés durant 2 semaines à trois diètes différentes, soit la diète standard utilisée habituellement dans notre animalerie (diète S), ou une diète riche en protéines (45% diète S + 55% de caséine) (diète P) ou une diète riche en lipides (60% de diète S + 30% de Crisco + 10% d'huile de soya) (diète L). Les animaux avaient libre accès à la nourriture et à l'eau durant toute la période d'expérimentation. À la fin de la période de conditionnement à la nourriture, les rats de chaque groupe ont été subdivisés en 2 sous-groupes auxquels nous avons injecté soit une dose unique de G (150 mg/kg, i.p) (n=9) ou un volume équivalent de salin 0.9% (n=6). Les urines de chaque animal ont été recueillies au moyen de cages métaboliques durant les 24h suivant l'injection pour dosage de l'excrétion urinaire de la ß-galactosidase (ß-Gal) et de la gamma-glutamyl transpeptidase (g-GT). 72h post-injection, les animaux ont été sacrifiés par décapitation. Le sang a été collecté et centrifugé et le sérum recueilli pour dosage de la créatinine sérique. Le cortex rénal a été homogeinisé et l'accumulation de la gentamicine corticale déterminée par immunofluorescence de polarisation (TDx, Abbott). Les niveaux de créatinine sérique n'étaient influencés ni par la diète ni par l'injection de G (p > 0.05). Par contre, 24h post-injection, le niveau maximal d'enzymurie était mesuré chez les rats soumis à la diète L tandis que l'enzymurie la plus faible était retrouvée chez ceux nourris avec la diète P (p < 0.05). De plus, parmi les rats traités à la gentamicine, seuls les groupes S et L avaient une enzymurie significativement supérieure à celle de leurs contrôles (p < 0.05). La concentration de gentamicine corticale était également significativement plus élevée avec la diète L qu'avec la diète P. Cependant, les niveaux de gentamicine corticale des rats sous diète S n'étaient statistiquement différents ni de ceux des rats sous diète P, ni de ceux sous diète L (p > 0.05). Les résultats de cette étude suggèrent que la composition de la diète module de manière importante la néphrotoxicité de la gentamicine. Comparativement à une diète standard, une diète à haute teneur en lipides semble augmenter la sensibilité du rein à l'effet toxique de la gentamicine tandis qu'une diète riche en protéines a un effet protecteur contre la néphrotoxicité de l'antibiotique.
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