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Résumé du colloque
L’expression Village Global est de plus en plus usitée dans les médias populaires, sans doute en raison de la spectaculaire vulgarisation du plus grand réseau du monde, l’Internet, et de l’imminence de l’autoroute électronique. De prime abord, il semblerait que ce que Marshall McLuhan (1911-1980) avait prédit, l’émergence d’un village global facilitant la globalisation des marchés et abolissant les frontières géographiques d’antan, est en passe de se réaliser. Il est vrai qu’en l’an 2000, plus de 200 pays seront connectés sur l’Internet. N’oublions pas que dans le village global, le coût d’un message envoyé à votre voisin de palier est le même que celui d’un message envoyé à Madagascar. Un autre philosophe canadien moins connu des technologies de la communication, du nom de Harold Innis (1894-1952) n’avait jamais été convaincu du concept du Village Global. Contrairement à McLuhan, Innis pensait que ces technologies auraient un tout autre impact sur la société, qu’elles contribueraient à centraliser le pouvoir de la pensée et celui de l’influence sur la pensée et les normes. Par ailleurs, si le village devait être global, comment expliquer que la moitié de la population mondiale n’ait jamais utilisé le téléphone, qu’un Chinois sur 6,000 possède un ordinateur, que certains pays d’Afrique comptent 12 téléphones par 1,000 habitants et que l’industrie du téléphone seule a près du double la taille de celle des voyages par avion? Si ces nouvelles technologies sont en train de révolutionner notre manière de vivre, de travailler et de nous divertir, il ne semble pas qu’il y ait matière à supporter l’annonce d’un village global. À tout le moins, si certains indices tendent à prêter foi à McLuhan, d’autres au moins aussi nombreux et convaincants tendent à soutenir l’argument des haves et des have nots déjà familier à certains penseurs modernes. Ainsi, il apparaîtrait que ceux qui auront accès aux technologies seront plus isolés et ceux qui ne l’ont jamais eue, le seront tout autant, sinon davantage. La réflexion va au delà de l’argument McLuhan-Innis. Nous proposons plutôt une analyse basée sur la confrontation entre les statistiques sur le taux d’adoption des nouvelles technologies et les mythes propagés par le médias d’aujourd’hui, elles-mêmes partie prenante dans l’enjeu.
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