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Internalisation récepteur-dépendante des neuropeptides : compartiments d'adressage et implications fonctionnelles

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Alain Beaudet

Résumé du colloque

Il est maintenant bien établi que les neuropeptides peuvent être internalisés de façon récepteur-dépendante dans leurs cellules cibles. Afin d'explorer les mécanismes de ce processus d'internalisation et de déterminer les compartiments d'adressage des peptides internalisés, nous avons examiné en microscopie confocale l'internalisation de dérivés fluorescents de la neurotensine et de la somatostatine dans des tranches de tissu nerveux et dans des cellules épithéliales transfectées avec les cDNA codant pour différents sous-types de leurs récepteurs. Nous avons ainsi pu montrer que ces deux neuropeptides sont rapidement internalisés dans les cellules nerveuses a l'intérieur de petites vésicules intra-cytoplasmiques. Cette internalisation est bloquée par divers inhibiteurs de la formation des chaines de clathrine, indiquant qu'elle s'effectue par l'intermédiaire de puits tapissés. Nos travaux sur cellules transfectées ont montré que l'efficacité de l'internalisation et l'adressage du ligand et du récepteur internalisés sont fortement dépendants du sous-type de récepteur exprimé. Ainsi, dans le cas des récepteurs NT1 de la neurotensine et sst2A de la somatostatine, l'internalisation des complexes ligand-récepteur est-elle très efficace (>80% des sites liés à la membrane) et s'accompagne d'une forte diminution des récepteurs de surface qui se retrouvent concentrés dans le système endosomal. Au contraire, dans le cas du récepteur sst5 de la somatostatine, l'internalisation est beaucoup moins efficace et induit une mobilisation à la membrane des récepteurs de réserve en compensation des pertes subies par l'endocytose. Ces résultats démontrent que l'internalisation peut moduler de façon différentielle la sensibilité de la cellule cible à son ligand. Des travaux sur des cellules hypophysaires nous ont par ailleurs permis de démontrer que certains effets signalétiques des neuropeptides nécessitent l'internalisation des complexes ligand-récepteurs. Ainsi, les effets inhibiteurs de la somatostatine sur l'expression de l'hormone de croissance sont totalement abolis par un bloqueur d'endocytose, alors que ce dernier est sans effet sur l'inhibition de l'adénylate cyclase produite dans ces cellules par le même peptide. En résumé, l'internalisation des neuropeptides est un phénomène d'endocytose hautement régulé, impliqué à la fois dans la modulation de la sensibilité des récepteurs et dans leurs propriétés signalétiques.

Contexte

manager icon Responsables :
Mario Tiberi
host icon Hôte : Université d’Ottawa

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