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Introduction à une théorie du pouvoir

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Jean-Marie Therrien

Résumé du colloque

Cette "Introduction à une théorie du pouvoir" montre que la relation de pouvoir est fondée sur un rapport de dette (Clastres). Le chef non seulement "reçoit" des gratifications propres à satisfaire son narcissisme, il doit cependant organiser toute la vie sociale des siens. L'endettement du chef envers les vivants comme les morts situe ainsi le pouvoir à l'extérieur du sujet: il empêche de devenir un organe séparé de la société. Le chef ne réduit seulement à la persuasion, il ne peut choisir son successeur, il est continuellement surveillé par ses ancêtres, par les anciens de la communauté. La situation s'inverse dans les sociétés despotiques, "où, surtout les officiers, sont en dette envers leur souverain leurs charges, l'éducation qu'ils ont reçue" y préparant, doivent payer avec leur travail, leur présence, leur obéissance, des tributs le plus servile, au site de leur vie. Le rapport de dette qui relie le souverain à ses sujets, ne se réduit à leur soumission, n'entretient pas une structure de relations sociales et politiques dont les principales s'apparaissent être celles qui viennent marginaliser le souverain, à le préparer dans un espace "autre" qu'il donne une image de lui-même et soutiennent en certaines différences face à la société, à sa famille, aux marges et aux officiers politiques. Cette marginalisation des souverains se nourrit visible dans les luttes d'institution: ces luttes transforment son statut en représentation de ses officiers politiques et de leurs souverains, se modifiant aussi celle que les souverains se font d'eux-mêmes; ces rituels mettent ici l'accent au pouvoir et avant tout occasion à la force des symboles qui transcendent l'individualité des souverains comme celle des participants. Cette marginalisation s'accompagne d'une transgression de la moralité sociale et politique. Les souverains entretiennent une transgression avant de la limite artificielle à laquelle tout individu est confronté, avec la mort, la vie comme celle de leurs sujets. Les souverains doivent passer par l'épreuve de la mort, ils doivent perdre leur individualité: celle d'avant l'incarnation - pour pouvoir l'université valide de leur fonction politique - c'est pourquoi ils doivent toujours prendre possession de leur pouvoir en acceptant les signes que les prédécesseurs ont transmis avant leur mort. Cette projection des souverains hors de l'espace social et politique est rendue possible aussi par le rapport particulier que les prédécesseurs entretiennent avec celles qui sont source de leur fécondité, de toute vie. En fait, les souverains s'appuient sur les différences actuelles, ils les réglementent, et les intègrent aussi à leur pratique politique. Cette projection est rendue possible aussi par le rapport particulier que les souverains entretiennent avec la parole, parole toujours retenue: l'exercice du pouvoir n'est pas seulement exercée ici de parole mais aussi d'initiatives secrètes. Projeter les souverains hors de l'espace social et politique, les souverains tiennent à montrer qu'ils contrôlent l'ordre social et politique dans sa totalité plus l'initie permettant, transgression hors de son lieu, l'analysation d'actualités et de nouvelles. Ainsi, la transgression des symboliques mais réelle de l'ordre social n'est aussi possible que si elle se produit en un scénario qui en limite les effets dévastateurs, en un cadre de lois et de modalités, qui détermine ceux qui auront pour mission d'interpréter ici l'ancestralité, la justice d'Allah, le mandat du ciel. Le pouvoir des souverains est donc toujours surveillé par des individus et des groupes qui se perçoivent comme des lieux en expansion, comme des promesses de résistance. Source première d'information: les récits de voyages du 17e et 18e siècles portant sur les sociétés huronnes et iroquoises, la Turquie et la Chine.

Contexte

Section :
Philosophie
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Philosophie
host icon Hôte : Université du Québec à Chicoutimi

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