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Isabelle de Charrière et la tradition physiognomoniste

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Anne-Marie Duval

Résumé du colloque

La problématique de la lecture du corps dans la littérature du XVIIIe siècle s'organise autour d'une double tradition. La physiognomonie considère le corps de l'homme comme un texte qui peut être lu, une grammaire donnant accès à son caractère. À l'opposé, un tout autre discours anthropologique souligne l'impossibilité de isoler sur le corps la forme du moi qui est «vain, divers, ondoyant,» comme l'écrivait déjà Montaigne au XVIe siècle. Ces deux courants, qui intéressent tant la littérature que l'anthropologie, coexistent dans les écrits de Mme de Charrière. Notre analyse des différents modes de lecture du corps présentés dans les Trois femmes nous permettra de situer dans quelle mesure l'auteur s'éloigne des conceptions fixistes et essentialistes de la physiognomonie. Nous verrons comment les procédés narratologiques (problème de focalisation) et stylistiques (fidélité à la tradition théophrastienne du caractère) présentent le corps comme étant à la fois objet d'une lecture précise par les différents facilitateurs et source de malentendus avant leur incapacité à déchiffrer toutes les caractéristiques. Nous tenterons enfin de montrer comment la mise en tension de cette double représentation du corps est emblématique d'une certaine idéologie émancipatrice présente dans l'œuvre d'Isabelle de Charrière.

Contexte

host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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