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Kojève et la mécanique quantique : la nécessité d'introduire un sujet empirique

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K. R. Damarsingh

Résumé du colloque

Dans un manuscrit intitulé L'idée du déterminisme dans la physique classique et dans la physique moderne (1932) [Biblio Essai, Paris, 1990], Alexandre Kojève sondait déjà les conséquences épistémologiques d'une interprétation minimale de la mécanique quantique [cf. Interprétation de Copenhague]. Cette réflexion est motivée par l'énoncé du principe d'indéterminité de Heisenberg (1927) qui pose l'impossibilité empirique de vérifier les conditions du déterminisme causal de Laplace, i.e. qu'il remet en cause l'idée même d'une mesure simultanée des quantités physiques nécessaires à la connaissance d'un état du monde à un instant donné, et de là d'en dériver au moyen de fonctions analytiques tous les états subséquents. C'est ainsi tout le projet de la physique classique qui s'en trouve ébranlé. Ce que Kojève appellera la ruine de l'idéal laplacien allait provoquer tout un débat, mais sans nous pencher sur les développements récents de la physique contemporaine qui en somme ne vise qu'à éluder sans grand succès la question "qu'est-ce que le sujet empirique peut connaître?", nous préférons nous en tenir à l'analyse de Kojève qui débouche, au contraire, sur la nécessité d'introduire en épistémologie la notion de sujet empirique, i.e. d'un observateur qui ne peut à partir d'une certaine échelle faire abstraction des interactions entre l'appareil de mesure et le phénomène observé. Ce constat nous réduit à l'impossibilité essentielle pour le sujet empirique d'acquérir une connaissance objective au sens classique (l'objet en soi) des phénomènes, considération qui était déjà défendue dans la Critique de la Raison Pure de Kant, mais qui n'apparaîtra formellement dans les modèles physiques qu'avec la mécanique quantique.

Contexte

host icon Hôte : Université McGill

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