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La carte à mémoire dans les Mutuelles de France : analyse d'une tentative d'appropriation sociale

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Daniel Bégard

Résumé du colloque

En 1989, la Fédération des Mutuelles de France décidait de créer son réseau mutualiste sur une carte à micro-processeur à multifonctions (identification des droits, monétique, dossier santé "portable"). En utilisant les avancées technologiques d'un tel support et de ses dispositifs informatiques d'accompagnement, la FMF anticipait les évolutions technologiques les plus probables dans le champ de la protection sociale française. Parallèlement, ce recours à une NTIC performante devait jouer comme identifiant fédéral, gage d'une modernité mutualiste et des capacités d'innovation de l'économie sociale. Cette rencontre d'une NTIC et d'un mouvement social fort d'une culture spécifique de solidarité issue du mouvement ouvrier, se voulait en conséquence comme une démonstration des facultés d'adaptation et d'initiative d'un tel mouvement. Cinq ans après, la Carte Santé s'affirme une réalité incontournable du champ de la protection sociale en France et probablement, au moins, en Europe. La FMF n'a toutefois pas atteint tous ses objectifs d'appropriation, d'innovation économique et identitaire. Elle n'a pu tenir le pari d'un usage majoritaire de la NTIC dans ses propres rangs et elle doit, pour préserver sa démarche, recourir aux stratégies industrielles et financières classiques de l'économie de marché. Dans ces contextes, elle a pu engager de nombreux débats significatifs autour de la NTIC. A contrario, l'appropriation partielle de la Carte Santé pourrait, parmi d'autres causes, la double interrogation : sur l'identité fédérale dans une organisation institutionnelle d'une part, sur le rôle de la mutualité dans le mouvement social et la société française d'aujourd'hui, d'autre part.

Contexte

host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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