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Résumé du colloque
La catégorie sémantique de l'intensité est une catégorie transversale qui soulève le problème des relations entre des systèmes sémiotiques distincts (langue, image, musique, geste). Il s'agit d'abord d'un axe sémantique pertinent en français dans la structuration du macro-champ des mots désignant des comportements de parole, plus particulièrement du sous-champ /avec une réalisation phonique déterminée/ où une opposition [intensité forte] vs [intensité faible] structure dans une premier temps les relations d'antonymie entre crier vs chuchoter, murmurer et leurs parasynomymes. Une analyse sémique (dans la lignée de Rastier) complétée par le recours aux instruments de la sémantique du prototype d'une part, et de la théorie de l'argumentation dans la langue de Ducrot et Anscombre d'autre part, a permis de mettre à jour dans ce champ un phénomène de "polysémie collective", un topos associé à l'archisémème jouant le rôle de règle de transfert sémantique applicable à l'ensemble des lexèmes du champ - la polysémie de crier étant à ce titre exemplaire. Ce topos serait de la forme // écart à la norme vocale -> écart à la norme émotionnelle //, et ne serait autre que le report dans le lexique d'une règle de décodage valable dans une sémiologie naturelle, en l'occurrence du code vocal - voire d'autres codes apparentés dont la communication animale peut fournir des illustrations. On retrouve cette catégorie à l'œuvre en musique, les œuvres musicales (et tout particulièrement les opéras) exploitant les mêmes significations émotionnelles attachées à l'intensité que l'on retrouve dans le code vocal lui-même, et cristallisées dans le lexique. L'analyse de matériaux visuels (qu'il s'agisse du trancodage écrit d'énoncés linguistiques, ex. de l'usage des majuscules et des caractères gras en bande dessinée, ou d'icônes à proprement parler : mise en relief de la notion (ici spatiale) de "volume" dans les dessins représentant des personnages en train de crier ; cf. aussi "Le cri" de Münch) pose le problème de la représentation métaphorique de l'intensité, ce qui suppose des propriété communes assurant le passage analogique. Ainsi serait posé plus profondément peut-être le problème de la définition d'une catégorie de contenu indépendamment de la substance d'expression - la catégorie de l'intensité étant de toutes manière et décidément inter-sémiotique. Cette définition pourrait être de type actanciel et faire intervenir la notion de scène (l'intensité supposant toujours un rattachement à une action pourvue d'un agent et d'un destinataire) : l'intensité pourrait se définir en terme d'implication de l'agent dans l'action et : ou de sollicitation du destinataire (cf. un bébé qui crie vs une couleur criarde).
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