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Résumé du colloque
Dans Speculum, De l'autre femme, Luce Irigaray affirme que non seulement le corps féminin réifié sous-tend en creux la création masculine, mais aussi qu'on rejette sur ce support fantasmatique de l'Autre les pulsions moins reluisantes qu'on aurait peine à assumer pour soi. En dénonçant le logocentrisme qui n'a de cesse d'occulter ses propres attaches à la manière, des écrivaines telle Hélène Cixous ont affirmé ce corps féminin dans sa subjectivité. Redevable de ces percées théoriques du féminisme, le roman l'Homme-papier que publie en 1992 Marguerite Andersen s'inscrit néanmoins dans une visée et un cadre tant soit peu différents. Il s'agit cette fois d'écrire sur l'homme. Projet qu'il incombe, à l'en croire, de prendre au pied de la lettre: un corps masculin, enveloppé de papier vélin, structure cette aventure faite de mots et nourrie de désir textuel. Espace circonscrit sans fausse honte par le désir féminin, l'homme-papier devient également le lieu, non pas de transfert (songeons aux théories d'Irigaray) mais plutôt de partage d'émotions et d'événements qui hantent encore la narratrice. Ainsi nous verrons se dessiner dans son texte un homme tantôt bloc-notes, tantôt papier buvard, corps qui se veut palimpseste ou tatoué selon les besoins de l'entreprise - autant de métaphores et de stratégies discursives qui tenteront de colmater, le temps du manuscrit du moins, la fissure creusée entre soi et l'autre.
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