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La distance chez l'écrivain-traducteur

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Richard T. Vautour

Résumé du colloque

L'écrivain ne peut s'approcher de l'origine au risque de ne pas écrire l'œuvre, mais il ne peut s'en éloigner à cause de l'attrait qu'elle exerce sur lui. Pourtant, c'est en s'éloignant d'elle qu'il se voit attiré par elle, qu'il veut en faire l'œuvre. S'éloignant d'elle, il s'en approche, mais s'en approchant, il s'en éloigne. C'est la dialectique du regard d'Orphée et du chant d'Orphée (L'espace littéraire de Maurice Blanchot). Cette expérience de la distance entre la source et l'œuvre est absolument nécessaire à l'écrivain. Pour être en mesure de faire cette expérience, qui le porte vers l'origine de l'œuvre, l'écrivain doit être à la fois patient et impatient. En s'approchant de la source, il fait preuve d'impatience, en s'en éloignant, il fait preuve de patience. Mais trop de patience mine l'écrivain et est aussitôt contrebalancé par l'attrait qu'exerce la source de l'œuvre sur l'écrivain, devenu impatient. La source exige de l'écrivain qu'il fasse preuve d'impatience à son égard, elle constitue un formidable attrait dont l'écrivain ne peut se détourner qu'en faisant preuve de patience. Impatient de la regarder, de la contempler, il ne peut le faire qu'en ayant détourné son regard patient. Mais chez l'écrivain-traducteur (par exemple Marguerite Yourcenar, Philippe Jaccottet, Jacques Brault, etc.), dont la source se trouve à proximité, que se produit-il? La traduction devient-elle une expérience d'impatience pour l'écrivain-traducteur? Or, en voulant trop s'approcher de l'œuvre à traduire, ne s'en éloigne-t-il pas plutôt?

Contexte

host icon Hôte : Université McGill

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