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La femme chez Calixthe Beyala et Henri Lopes : Objectivation et sublimation du corps

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Judith Ohlmann

Résumé du colloque

Certains écrivains prennent leurs personnages comme des êtres dont ils auraient réellement vécu l’histoire. Ils s’imprègnent alors de ces derniers et en parlent comme s’il s’agissait d’êtres réels et non d’objets. Tout sentiment et toute action dont ils animent les héros magnifient plutôt qu’ils ne dévalorisent ces derniers. Les personnages féminins de Lopès font partie de ces heureux que la nature traite avec douceur quelque soit leur comportement. Chez cet écrivain congolais, la femme, même infidèle, prostituée ou mère dévorante, reste une créature sublime. En revanche, il y a d’autres écrivains qui semblent faire de leurs personnages des outils de honte, de dénigrement. Le corps devient alors chez ces romanciers un élément thématique, une sorte d’objet qui sert à dire l’existence horrible du personnage en question. Calixthe Beyala est l’un de ces écrivains qui matérialisent l’être humain pour dire le mal de vivre, pour peindre les maux de la société. Lorsque Beyala parle de la femme, le corps est le lieu où se créent la honte et toutes sortes de bassesses. Celui de l’homme n’est guère revalorisé. Ambroise Kom par exemple trouve que l’œuvre de Beyala est l’expression d’un univers zombifié. Il a raison sur un point : l’invraisemblance comportementale des personnages de Beyala. Ce qu’il faut cependant considérer, c’est le thème, l’idée derrière le personnage. Si la femme et l’homme décrits par Beyala ne sont pas le reflet de l’Africain qu’est censé incarner les personnages de l’écrivaine camerounaise, les thèmes dont ces derniers sont le symbole ne sont que peu réfutables. Les portraits des héros de Beyala coïncident avec l’univers dans lequel ils vivent. Le corps de la femme aliéné, noirci par le soleil, mutilé … dénonce l’injustice avec laquelle la société africaine traite la gent féminine. En somme, le personnage chez Beyala n’est qu’un signe parmi tant d’autres dans l’œuvre. Il est le décor, le thème et le véhicule narratif. Le récit de Beyala n’a d’existence qu’à travers l’apparence et le comportement du personnage. Ce qui a retenu notre attention cependant, c’est que l’objectivation et la sublimation du corps, chez l’un et chez l’autre des auteurs cités précédemment, jouent toutes deux un même rôle : la libération de la femme africaine. Comment le corps, marginalisé ou magnifié, devient-il un instrument d’émancipation de la femme chez Beyala et Lopes ? Telle est la question que notre communication pose et à laquelle elle tentera de répondre.

Contexte

host icon Hôte : Université Laval

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