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La fermeture des [ɔ] ouverts en finale de mot: phonologisation d'une régularisation morphologique

ML

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Marie-Claude Langlois

Résumé du colloque

Rousselot et Laclotte (1902:137-138) admettent que le français central connaissait initialement une distinction de longueur/timbre pour marquer les oppositions morphologiques de nombre dans des mots comme pot [pɔt]; pots [po], cri [kʁiː]; cris [kʁi], chat [ʃa]; chats [ʃɑ], etc. qui disparaît par réflexion analogique: "l'unification se fait entre le singulier et le pluriel. C'est le singulier qui l'a emporté dans les mots en -al, le pluriel triomphe dans tous les autres cas." Cette conjecture (au sens épistémologique) voudrait en particulier que les mots invariables conservent leur timbre original, par ex. que trop reste [tʁo]. Or la grande majorité des locuteurs disent maintenant [tʁɔ]. Il faut donc admettre un relai phonologique généralisant la distribution de [ɔ]~[o] au cours du 19e siècle, si nous admettons que c'est au commencement de cette période que se fait le passage de [o] à [ɔ] en finale de mot (cf. Straka 1981:208). Nous montrerons que l'analyse systématique d'un échantillon de dictionnaires de la prononciation des 19e et 20e siècles que nous avons examinés, et en faire l'analyse informatique permet de justifier la conjecture de Rousselot et Laclotte: ce sont les mots déclinables qui apparaissent d'abord avec un [o] final, alors que la prononciation [tʁo] de trop est encore bien attestée à Paris dans cette fin de 20e siècle.

Contexte

Section :
Linguistique
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Linguistique
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