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La justice : un moyen de lutter contre le négationnisme

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Alain Gauthier

Résumé de la communication

Le négationnisme est partie intégrante de la notion même de génocide. En effet, le crime de génocide, son exécution sont tellement horribles que celui qui l’a conçu ou commis ne peut que le nier sous peine de se retrouver face à l’innommable que sa conscience ne peut supporter. Pour survivre, le bourreau se voit donc dans l’obligation de nier son crime. Or, la communauté des hommes ne peut tolérer la négation du crime des crimes, sous peine de se renier elle-même et de voir ce cataclysme se répéter. C’est là que la justice doit intervenir. En effet, rendre la justice en condamnant le criminel est un acte salvateur pour la victime, pour le rescapé. La justice nomme le crime, met un nom sur le bourreau, répare éventuellement ce qui a été détruit. Acte rédempteur par excellence qui permet au rescapé de faire son deuil et de ne pas se sentir coupable d’être en vie. Il n’est pas responsable de la mort de ses frères, parents ou amis. La justice doit permettre aussi au criminel de réintégrer la communauté des hommes à laquelle il s’est sous soustrait en commettant l’irréparable. Enfin, cette communauté des hommes elle-même a besoin que justice soit rendue. Rendre la justice, c’est annoncer haut et fort que le règne de l’impunité est terminé. La justice sera le fondement de la reconstruction d’une société nouvelle. Renoncer à la justice, c’est donner du poids au mensonge, c’est préparer les bases d’un nouveau génocide dont ni le Rwanda, ni aucun autre pays n’a besoin.

Résumé du colloque

1. Lancement d'un numéro spécial de la revue Présence francophone, no 69: «Le témoignage d'un génocide ou les chatoiements d'un discours indicible" (2007) par J. Semujanga (dir.). Ce numéro est issu des actes du Colloque "Des récits de témoignage du génocide au Rwanda", sous la responsabilité de Josias Semujanga et Théopiste Kabanda(Acfas 2007).

Contexte

host icon Hôte : Institut national de la recherche scientifique

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