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La lutte sur le terrain pour la production d'un savoir critique : une question d'intérêts, de stratégies et de conséquences

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Louise Lemay

Résumé du colloque

La production d'un savoir critique ne se fait pas sans l'exigence de transformation à laquelle sont conviés tous les acteurs concernés par l'entreprise de la recherche appliquée. Au premier chef, elle confronte le chercheur lui-même à la nécessité de développer une attitude de réflexivité continue en regard de son propre positionnement. Cet exposé s'articule autour des notions d'intérêts des acteurs impliqués, de choix stratégiques dans un contexte donné et de conséquences qui en découlent en regard de la nature et de la qualité du savoir produit ainsi que de son utilité sociale. Voici dans un contexte de recherche portant sur les pratiques d'empowerment, quelques-unes des réalités riches de paradoxes et de confrontation pour le chercheur : 1) supposons des intérêts divergents entre acteurs : comment concilier le développement d'un savoir critique quand des décideurs ont d'abord l'intérêt de voir valider leurs pratiques institutionnelles existantes en vue de rehausser leur statut sur la scène politique et que, d'autre part, les sujets concernés par ces pratiques les dénoncent et réclament leur transformation ? À quel choix le chercheur est-il confronté devant ces décideurs qui déploient leurs stratégies pour contrer le développement d'un tel savoir critique ? 2) Supposons des sujets qui rendent leur savoir sous le couvert de la confidentialité et qui réclament de retarder la décision des résultats par mesure de protection pour eux-mêmes. À quel choix le chercheur est-il confronté quand il est seul à détenir un tel savoir susceptible de faire une différence dans la décision concernant l'action en cours ? Le choix de positionnement du chercheur comporte des enjeux parfois lourds de conséquences. Faut-il dépouiller un peu le savoir de sa fonction critique pour en éviter le rejet et, par conséquent, contribuer à la reproduction d'un statu quo social, producteur d'un rapport de domination sociale, entre les décideurs et les sujets concernés par leur pratique ? Faut-il viser à agir directement sur leur projet en cours par une utilisation immédiate des résultats et, par conséquent, risquer de devenir complice d'une sorte de prise en otage des sujets ? Ici, la réflexivité " s'impose " ! Mon positionnement : la production d'un savoir critique est certes possible " à partir de " l'étude d'un système d'action donné mais n'est pas forcément utile " pour " la transformation de ce même système d'action.

Contexte

host icon Hôte : Université Laval

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