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La Marche mondiale des femmes. Des fondements aux revendications stratégiques : Bilan critique d'un féminisme mondialisé

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Mélina Bernier

Résumé du colloque

L'initiative québécoise de la « Marche mondiale des femmes » est révélatrice d'un souci de contemporanéité dans l'intervention féministe. Les événements de la marche en l'an 2000 témoignent de l'existence d'un « féminisme occidental mondialisé » qui partage, avec d'autres groupes anti ou alter mondialistes, une critique du système économique néolibéral. Cela se lit à l'intérieur du premier axe de revendications de la marche : le phénomène de la paupérisation des femmes. Effectivement, ce constat rejoint une volonté plus générale de résistance quant aux effets pervers de la globalisation observée dans divers mouvements sociaux. Cependant, la marche se distingue par une prise de position féministe dont l'orientation théorique particulière influe sur les choix des stratégies d'action. En ce sens, le désir idéologico-politique de participer à l'élimination de la violence envers les femmes comme deuxième axe de revendications est le véritable moteur de la plate-forme des militantes, puisqu'il contribue essentiellement à l'élaboration d'une critique/alternative au système sociopolitique patriarcal, et ce, bien que les deux préoccupations majeures de la marche (violence et pauvreté) demeurent intimement liées dans cette analyse. Ainsi, j'étudie les fondements de la MMF; systémiques et radicaux, à la lumière de la stratégie à deux penchants qu'adopte ce « féminisme mondialisé » qui consiste à (1) faire pression sur les gouvernements nationaux et (2) internationaux pour faire participer une « nouvelle voix de femmes ». Je démontre par la suite, en isolant la revendication « V-6 » sur l'abolition de la traite des êtres humains et l'exploitation de la prostitution d'autrui, que cet idéal de nouvel espace citoyenne, non seulement véhicule une certaine image de la « citoyenne mondiale », mais nuit véritablement aux « citoyennes transgressives » : femmes, féministes et travailleuses du sexe. Le féminisme est-il vraiment inclusif de la diversité des femmes, qui plus est dans sa version mondialisée, ou peut-il côtoyer une logique a-féministe ?

Contexte

host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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