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La mélancolie a mauvais genre. Le livre brisé de Serge Doubrovsky

FG

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Francis Guévremont

Résumé du colloque

Dans l'oeuvre de Serge Doubrovsky, la mélancolie est un sentiment généralisé, une présence constante, inévitable. Mais dans Le Livre brisé, elle est présentée comme l'origine de l'écriture : l'auteur y dit spécifiquement qu'il recherche le plaisir du jeu stylistique, de l'acte même d'écrire, dans l'espoir d'y trouver un refuge, un abri contre le malheur de vivre. Parallèlement, parce que la conviction de sa propre futilité, la certitude de son incurable « défaut d'être » (p. 251) mènent le narrateur à conclure : « Je suis un être fictif » (p. 274), la mélancolie exige l'invention d'un nouveau genre littéraire, qui sera hybride, paradoxal, inconfortable. C'est l'autofiction. Le Livre brisé sera donc, par nécessité, un roman, mais aussi entièrement et minutieusement autobiographique. Il sera l'un et l'autre à la fois, comme pour traduire le mal d'être de son auteur. Cependant, notre présentation démontrera que si Doubrovsky, confronté à l'insuffisance et aux malaises de son expérience personnelle, a cru devoir abandonner les genres littéraires traditionnels, imposer une nouvelle façon de lire, une nouvelle méthode d'interprétation, ce choix, en réalité, a été un échec. La rupture entre l'auteur et son oeuvre, entre la fiction et la vie, entre la mélancolie et celui qui l'éprouve, que Doubrovsky jugeait essentielle, et qu'il voulait représenter par l'autofiction, n'a pas eu lieu. S'est imposée, au contraire, une inexorable, absurde, catastrophique, tragique continuité entre l'oeuvre et la vie.

Contexte

host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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