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La narration comme signe d'altérité entre auteure et protagoniste masculin : analyse comparative d'un phénomène nouveau au Québec et en Finlande

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Katri Suhonen

Résumé du colloque

Les protagonistes masculins dans l'œuvre romanesque des femmes ont toujours été rares; ce n'est que dans les années 1990 qu'on voit émerger, en grand nombre, des figures masculines centrales, voire des narrateurs, chez plusieurs romancières. Que signifie cette nouvelle importance accordée aux hommes dans la fiction féminine? Par quels moyens l'auteure réussit-elle surmonter la différence fondamentale entre elle et son protagoniste? Y a-t-il des signes de conflit dans les textes en raison de cette altérité? Pour éclairer ces questions, ce travail propose une analyse de l'instance narrative dans "Choses Crues" de la romancière québécoise Lise Bissonnette (Montréal, Boréal, 1995) et dans "Lettres à Trinidad" de la romancière finlandaise Annika Idström (Paris, Gallimard, 1996). Dans la narration, qui se passe majoritairement par un narrateur masculin, nous voyons à la fois un signe de conflit dû à l'altérité auteure-protagoniste et une possible résolution. L'instance narrative des deux romans varie entre la narration hétérodiégétique à focalisation multiple (les protagonistes masculins avec quelques autres personnages comme focalisateurs à la troisième personne) et autodiégétique (les monologues épistolaires à la première personne). Ces modes narratifs permettent au narrateur de se positionner soit à l'intérieur du protagoniste, soit à l'extérieur de celui-ci. Comme le regard du narrateur est lié à celui de l'auteure, cette malléabilité de l'instance narrative ne permet-elle pas à l'auteure de moduler sa position entre l'observation extérieure du protagoniste (la voix autorielle à la narration hétérodiégétique respectant leur altérité) et l'identification au protagoniste (la voix personnelle à la narration autodiégétique reflétant leur possible "mêmeté"? Le besoin de jouer avec l'instance narrative semble ainsi révéler un conflit entre auteure et protagoniste dont la solution se trouvera dans la flexibilité narrative permettant à l'auteure, à l'aide du narrateur, de rentrer dans la pensée du protagoniste mais aussi de se positionner, au besoin, en dehors et surtout au-dessus de celui-ci.

Contexte

news icon Thème du colloque :
Littérature comparée
manager icon Responsables :
Patrick Imbert
host icon Hôte : Université d’Ottawa

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Titre du colloque :

Littérature comparée

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