pen icon Colloque
quote

La place escamotée de la victime dans les jugements des massacres de masse : le cas du génocide contre les Tutsis du Rwanda

JI

Membre a labase

Jean-Bosco Iyakaremye

Résumé de la communication

Avec la mise au ban de la vendetta et la prise en charge de la répression des crimes par la justice pénale étatique et depuis peu, internationale, la victime est devenue la grande oubliée du procès, particulièrement dans les jugements des crimes de masse. Si la justice rétributive s’attache à réprimer l’infraction en établissant la culpabilité et en administrant une peine appropriée au délinquant, cela est-il suffisant pour la victime? Il est vrai qu’un crime fait tort à toute la société, mais il ne faudrait pas perdre de vue que les blessures sont en premier lieu douloureusement ressenties par la victime directe survivante et les membres de sa famille. Le mieux ne serait-il pas de privilégier la justice réparatrice, où la victime viendrait crier sa douleur face à face avec le responsable de ses malheurs, afin de favoriser une catharsis pouvant mener à la guérison? La justice actuelle qui fait l’impasse sur les souffrances de la victime remplit-elle réellement son rôle? Le jugement du génocide contre les Tutsi du Rwanda, que ce soit devant les juridictions nationales, ''Gacaca'', ou devant la juridiction internationale d’Arusha, n’échappe pas à la règle de cette justice cartésienne qui écarte la victime et accapare la place de celle-ci. Les premières avaient l’ambition de parvenir à la double guérison du délinquant et de la victime, mais cet objectif n’a pas réellement été atteint, tandis que la seconde a raté cette occasion qui pourtant faisait partie de son mandat.

Résumé du colloque

Nous espérons compter sur la présence de deux conférenciers de marque: Hélène Piralian, psychanalyste et spécialiste sur la question de la transmission transgénérationnelle du traumatisme post-génocide et des séquelles découlant de la négation du crime génocidaire sur les survivants et leurs descendants; Ndoba Gasana, professeur de littérature africaine et premier président de la Commission des droits de la personne au Rwanda, consultant sur les droits de la personne pour l'ONU.

Contexte

host icon Hôte : Université de Montréal

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :