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Résumé du colloque
Depuis les années 90 nous assistons à la généralisation de l'usage des nouveaux antidépresseurs (IRS) pour traiter la souffrance psychique (Lazarus, 1994), dont seraient potentiellement porteuses 80 % des consultations de médecine générale. De cette souffrance psychique, modalité d'expression de l'individualité contemporaine (selon A. Ehrenberg, 1998), la « dépression » est en effet devenue l'étiquette générique. La banalisation de ces thérapeutiques a permis une prise en charge accrue par les médecins généralistes de la nébuleuse de ce qu'ils nomment patients « psy », entendus « psychiatriques », ce dont ces derniers ne relèvent pas nécessairement, loin s'en faut. Or, la formation primaire en psychiatrie des médecins généralistes en France était, et reste, très succincte. De plus, les troubles dont il est question, comme souvent en médecine générale (Galley & Alby, 2002), sont pour bonne part des symptômes non organisés, qui ne correspondent pas à des « maladies mentales ». De fait, cette souffrance psycho-sociale déborde le médical et les généralistes se trouvent confrontés à des questions qui les dépassent, touchant aux conditions de travail, à la famille, aux nouvelles parentalités, voire à la justice… Cette impuissance est source de souffrance et d'épuisement professionnel pour les praticiens. En effet, que devient la nouvelle fonction du généraliste dans ce contexte, lui que les patients préfèrent souvent au « psy » parce qu'il parle, qu'il est proche et, lorsqu'il est véritablement « médecin de famille », est susceptible de resituer l'épisode actuel dans le contexte de l'histoire du patient ? Ils ne sont pas sans toucher les limites de leur rôle de prescripteurs d'antidépresseurs, seuls outils qu'ils pensent maîtriser (Haxaire et al., sous presse). Ils développent un savoir pratique qui, selon les individualités, peut dériver vers des formes de psychothérapies « sauvages » (« direction de conscience »…) ou comportementaliste (pnl). Collectivement, dans les études que nous avons menées en Bretagne Occidentale, ils sont demandeurs de formations et de « techniques » d'aide, tandis qu'ils souhaiteraient être associé aux suivis tant psychiatriques (ologiques) que sociaux. À défaut, ils se transforment en assistante sociale tout comme ils pratiquent une forme de psychothérapie de soutien spontanée.
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