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La Règle de la Guerre et la construction de l'identité sectaire

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Jean Duhaime

Résumé du colloque

Selon le sociologue G. Simmel, les conflits qu'un groupe entretient avec l'extérieur sont souvent un facteur de cohésion interne : ils contribuent à clarifier et à raffermir les relations entre ses membres, à rehausser leur degré d'engagement et à éliminer toute dissension. Simmel estime qu'il est même parfois « politiquement habile », à l'intérieur d'un groupe, « de veiller à ce que l'on ait des ennemis » (Le conflit, Saulxures, Circé, 1992, surtout p. 115-125). L'un des manuscrits de la mer Morte, La Règle de la guerre (1QM) évoque la guerre de la fin des temps entre les « fils de lumière » et les « fils de ténèbres ». Ce texte entretient l'idée de l'imminence de leur affrontement dans une bataille aux proportions cosmiques, dont l'issue est déjà décidée. Il semble avoir contribué largement à la construction et au maintien d'une idéologie de conflit susceptible de favoriser la socialisation des membres du groupe qui l'a composé ou en a fait usage dans le judaïsme du tournant de notre ère. Dans cette communication, je me propose d'étudier diverses stratégies employées par la Règle de la guerre pour construire l'identité sectaire. La plus évidente est la description des deux camps adverses. Mais on en trouve d'autres, par exemple : l'appropriation de la tradition par la revendication d'être l'authentique peuple de Dieu; l'établissement d'un parallélisme entre le monde terrestre et l'univers surnaturel; l'élaboration d'une vision globale du monde et de l'histoire qui donne sens et plausibilité aux options sectaires du groupe; le développement d'explications pour surmonter la « dissonnance cognitive » résultant des défections ou des pertes dans le camps des fils de lumière.

Contexte

manager icon Responsables :
Elisabeth Campos
host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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