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Résumé du colloque
Pour quiconque entreprendrait de dresser un tableau de la représentation de la folie dans la littérature québécoise, la figure de Claude Gauvreau paraît incontournable. Comme Nelligan, le poète de "l'écriture de la folie" (J. Michon) a vécu une relation affective prolongée avec sa mère alors que le père était absent; et comme Nelligan, il a connu l'institution psychiatrique. Borduas avait rejeté tous les thèmes de la figuration. Gauvreau opère le même mouvement, mais dans des lieux plus profonds, puisque c'est la langue qui soumet à la déconstruction, jusqu'à en faire un "langage nouveau", qui nomme l'expérience. Mais cette déconstruction n'est pas absolue: Gauvreau s'arrête précisément à ce point où les nouveaux mots créés ne signifient non plus des concepts abstraits, mais des réalités affectives, de sorte que les unités de cette langue paraissent comme isomorphes à des pulsions originaires de l'inconscient. Le paradoxe consiste en ceci: comment rendre une représentation si tous les codes de représentation ont été abolis. Le second partie de la "réception" de l'oeuvre de Gauvreau marque un nouveau tournant; la déconstruction vient alors substituer la multiplicité des figurations et des codes de représentation (langages scénique, clinique, cinématographique, chorégraphique, gestuel, etc.). Bref, de la déconstruction s'oppose désormais la pluralisation et l'hétérogénéité des langages.
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