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Résumé de la communication
L’éthique de la responsabilité serait, selon certains, « l’éthique de notre temps ». Il est permis d’en douter. La polysémie du concept, son caractère formel, les nombreux paradoxes auxquels il aboutit, sa mobilisation par des courants de pensée divergents, sont autant d’indices d’un manque cruel de substance. La popularité récente du concept de responsabilité est certainement en phase avec l’entrée de nos sociétés dans la modernité avancée. Mais plutôt que d’être le fondement d’une nouvelle éthique, le thème de la responsabilité apporte un nouveau langage, adapté à une forme d’interaction sociale fondamentale de nos sociétés, celle des « pratiques d’interpellation ». Le langage de la responsabilité permet en effet aux acteurs sociaux d’élever des revendications morales dans le contexte d’un système moral ouvert et non autoritaire. Ces pratiques d’interpellation collent également à un régime éthique dans lequel, pour reprendre la formule de Claude Lefort, l’autorité morale est « un lieu vide » et l’enjeu d’une compétition ouverte entre les acteurs sociaux. Ces pratiques constituent le processus global à travers lequel nos repères moraux se construisent et se déconstruisent, dans un monde où la visée de la justesse éthique doit désormais être conçue comme une recherche tâtonnante d’équilibre entre les pôles antagonistes constitutifs de notre culture morale : individu/collectivité, autonomie/solidarité, droits/devoirs, déresponsabilisation/surresponsabilisation, etc.
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