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La rhétorique délibérative dans les œuvres oratoires et narratives de Victor Hugo : Ce siècle est à la barre, et je suis son témoin, L'Année terrible

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Albert W. Halsall

Résumé du colloque

Les textes rassemblés dans le volume "Politique" (Victor Hugo, Oeuvres complètes), démontrent la parfaite familiarité qu'avait Victor Hugo avec les trois genres dont l'ensemble forme, depuis Aristote, le discours à fonction persuasif. Ayant noté que le genre rhétorique dépendra du choix du public auquel s'adresse l'orateur, le Stagirite ajoute : "Trois éléments constitutifs sont à distinguer pour tout discours : celui qui parle, le sujet sur lequel il parle, celui à qui il parle; c'est à ce dernier, j'entends l'auditeur, que se rapporte la fin. Or, il faut nécessairement que l'auditeur soit ou spectateur ou juge, et que le juge prononce ou sur le passé ou sur l'avenir, celui qui prononce sur l'avenir, c'est, par exemple, le membre de l'assemblée; celui qui prononce sur le passé, le juge; celui qui prononce sur le talent de l'orateur, le spectateur, il y a donc nécessairement trois genres de discours en rhétorique : le délibératif, le judiciaire, l'épidictique" (Aristote, Rhétorique). Un rapide coup d'oeil jeté sur la table du volume "Politique" révèle que, quoique le genre délibératif y domine, l'épidictique constitue une bonne partie de ce recueil. Quant au judiciaire, il nous a valu le beau discours "Pour Charles Hugo", que Victor Hugo en tant que défenseur de son fils, adressa au jury pendant le procès à la Cour d'assises de la Seine le 11 juin 1851. Malgré l'éloquence de son célèbre père, Charles, inculpé d'avoir manqué au respect dû à la loi par son article contre la peine de mort publié dans L'Événement, fut condamné. Parmi les discours politiques que Victor Hugo adressait aux différentes assemblées (à la Constituante en 1848, à la Législative de 1849 à 1851, à la Nationale en 1871 et au Sénat depuis 1876 jusqu'en 1880), les principaux sujets sont bien connus. Ses interventions "politiques" incluent entre autres : celles contre la peine de mort (pp. 180, 228, etc.), contre la révision de la Constitution en 1851 (p. 270ff), sur les moyens de remédier à la misère (pp. 199-206, 957-961), celles pour la liberté de la presse (p. 174) et du théâtre (p. 197), pour la "Revanche" contre les Allemands victorieux en 1871 (pp.755-756), ou "pour la Serbie (p. 949), ou enfin pour l'amnistie générale des Communards déportés (pp. 917, 1007, 1017). Orateur politique, Hugo, en tant que représentant élu, y propose des changements futurs qu'il pose comme désirables. Mais ses discours sur l'avenir ne s'adressent pas seulement aux assemblées déjà notées. Président du Congrès de la paix en 1849, il propose dans son discours d'inauguration sa vision optimiste (restée, malheureusement, utopique) de l'avenir pacifique qui devait attendre ce qu'il appellera en 1851 les "États Unis d'Europe" (pp. 275, 299, 305, 422, 483). Mais qu'il parle du haut de la tribune politique ou qu'il s'adresse, dans un pamphlet aux Guernesiais sur ce que devrait être l'avenir heureux des proscrits (p. 447), Victor Hugo savait bien adapter son argumentation au public en question.

Contexte

host icon Hôte : Université d’Ottawa

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