Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Résumé du colloque
Dans les textes de Michel Leiris, l'omniprésence des questions liées au corps, à la peau et à la nudité s'allie au dévoilement - mise à nu psychique - que pose d'emblée l'acte autobiographique. Toutefois, de façon paradoxale, parmi les thématiques importantes que renferme l'oeuvre autobiographique de Michel Leiris, le vêtement tient une place fondamentale et insoupçonnée. Que ce soit par l'abondance des descriptions vestimentaires ou par la fréquence des détails qui se rapportent de façon précise à la question du vêtement et de l'élégance vestimentaire, les textes leirisiens témoignent de la part du narrateur-autobiographe d'une préoccupation quasi maniaque concernant l'habillement et l'apparence corporelle. Par ailleurs, en lisant Leiris, on se rend compte que l'écriture elle-même, ne serait-ce que par son «esthétisme» et son exubérance, peut-on dire, forme une sorte de voile, de «vêtement psychique», qui semble envelopper l'énonciation. À cette problématique, nous posons l'hypothèse suivante: ce souci extrême qu'accorde l'autobiographe à la question vestimentaire est symptomatique d'une angoisse liée non seulement à la peur de la nudité psychique, mais également au corps. En effet, chez Leiris, la peau présente des défaillances auxquelles répondent également des déficiences psychiques. En nous référant aux fonctions de la peau et du «Moi-peau» (Anzieu, D.) nous constatons que, chez cet auteur, trois d'entre elles présentent des défauts plus ou moins importants, soit: la fonction limitative, contenante et soutenante. Selon nous, ces failles sont principalement liées à une défaillance du maternel. La carence d'un projet support qui, normalement, détermine l'inscription d'une faculté de contenance, de même que celle du holding (Bick, E.; Winnicott, D.W.) expliquerait donc l'obligation pour l'autobiographe de recourir à une seconde peau substitutive. Or, telle est notre conclusion, le vêtement et, aussi, l'écriture permettent justement, chez Michel Leiris, la formation de cette seconde peau substitutive. Le vêtement et l'écriture assurent une délimitation, une protection, une contenance et un maintien corporels et psychiques que la peau, elle, arrive mal à exercer. Ainsi, la seconde peau vestimentaire et scripturale constituent donc chacune à leurs manières cet objet support manquant. À cet égard, le ruban noir ornant le corps nu d'Olympia (Leiris, Le ruban au cou d'Olympia) qui, chez Leiris, est à la fois tissu et écriture, en constitue le symbole par excellence: véritable métaphore de l'autobiographie leirisienne.
Vous devez être connecté pour ajouter un élément à vos favoris.
Veuillez vous connecter ou créer un compte pour continuer.
Outils de citation
Citer cet article :
MLA
APA
Chicago
Ajouter un dossier
Vous pouvez ajouter vos contenus préférés à des dossiers organisés. Une fois le dossier créé,
vous pouvez ajouter un article ou un contenu de la liste ou de la vue détaillée au dossier sélectionné dans la liste.