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La traduction comme paraphrasage interlinguistique

JM

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Jasmina Milicevic

Résumé du colloque

Un des problèmes de traduction se ramène au choix d'un équivalent en cas de correspondances « non triviales », qui donnent lieu à des discordances (angl. « mismatches ») entre les structures des phrases source et cible, comme dans le cas des verbes [to] MISS et MANQUER : angl. I [X=sujet] miss you [Y=objet direct] vs fr. Tu [Y=sujet] me [X=objet indirect] manques. Bien que les discordances de traduction aient été étudiées (entre autres, Dorr 1995), une solution intégrale de ce problème reste encore à proposer. Dans cette communication, nous en esquissons une solution possible (dans le cadre de la théorie linguistique Sens-Texte). La traduction est vue comme le paraphrasage (= production de paraphrases, ou de phrases synonymes) interlinguistique, c'est-à-dire comme une activité reposant sur les mêmes principes que le paraphrasage intralinguistique et qui peut donc être modélisée de la même façon que ce dernier. Selon la méthode proposée, la traduction entre deux langues quelconques se fait à l'aide des trois outils formels suivants : 1. Un « système lexicographique bilingue », constitué des dictionnaires monolingues de type explicatif et combinatoire (voir Mel'cuk et al. 1984-2000) des langues source et cible et d'un index de correspondances entre ces dernières; 2. La « structure syntaxique profonde » des énoncés, une représentation syntaxique généralisée et valide pour n'importe quelle langue, au niveau de laquelle s'effectue le transfert entre les phrases source et cible; 3. Le « système de paraphrasage », un ensemble de règles d'équivalence formulées en termes de « fonctions lexicales » (voir, par ex., Wanner, ed., 1996), lui aussi universel, qui opère au niveau de la structure syntaxique profonde et exploite l'information sur la cooccurrence lexicale et syntaxique des lexies décrites dans les dictionnaires. Comme au niveau de la structure profonde les différences entre les langues sont réduites au maximum, un bon nombre de ce qu'on qualifie de discordances à un niveau de représentation plus près de la surfaceest d'emblée éliminée. Les discordances qui demeurent sont traitées de façon relativement aisée et élégante par le système de paraphrasage lié au système lexicographique. La traduction selon la méthode ci-dessus sera illustrée dans notre communication sur quelques exemples de discordances entre l'anglais, le français et le serbe.

Contexte

manager icon Responsables :
Marie-claude L'homme
host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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