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La trame sonore comme écho infidèle de l'image dans les œuvres de Jocelyn Robert

JC

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Jean Claude Rochefort

Résumé du colloque

Dans un article publié dans Le Devoir (12-13 octobre 2002) que j'avais intitulé Images en fuite et mots tus, j'avais écrit : « Le maître mot pour décrire les œuvres audio et vidéo de Jocelyn Robert est « justesse ». L' « événement sonore » qui accompagne ses projections vidéographiques n'a rien de fortuit. Au contraire même, ce qu'il donne à entendre contribue tout autant à construire l'œuvre en devenir que ce qu'il donne à voir. L'un et l'autre se complètent ou entretiennent des relations conflictuelles, mais dans tous les cas ils restent parfaitement imbriqués. Ce sont ces jeux de tension extrême entre le visuel et le sonore que développe et structure comme pas un Jocelyn Robert. La communication que je propose dans le cadre de ce colloque porterait essentiellement sur la « justesse » des relations conflictuelles entre le son et l'image dans un certain nombre d'œuvres de Jocelyn Robert : Quelques fragments de la mémoire de Catherine, It Shouldn't be cancer, Art against temperance, En plein champ, Le cirque mou. Contrairement à ce qui se passe la plupart du temps au cinéma, ou même dans la danse ou au théâtre, la trame sonore dans les installations audio et visuelles de Jocelyn Robert ne supporte pas une action quelconque et ne rehausse pas davantage le dialogue entre d'hypothétiques protagonistes. Ce n'est pas de cela qu'il s'agit puisque Jocelyn Robert ne conçoit pas l'apport du son comme un complément indispensable à la compréhension du signifié. Le son, chez lui, brouille avec précision le langage visuel, il est la cause première de la dualité qui s'instaure au fur et à mesure que l'on assiste à l'échange qui se déploie devant et autour de nous : « le son engage [le spectateur et l'image] dans son propre déroulement. Alors que les yeux donnent une vue d'ensemble que l'on peut creuser à loisir, l'oreille doit patiemment parcourir les labyrinthes construits pour elle du début à la fin, de a à z, avec à la clef le prix à payer : quelques secondes de vie perdues pour des sons qui, après tout, n'en valaient peut-être pas la peine. Comment savoir ? » écrit l'artiste (Revue Espace, 2001) Ainsi, le son - souvent réduit lui-même réduit à sa plus simple expression langagière : un babil à peine audible - n'est pas simplement un écho infidèle de l'image, un reflet qui ne retiendrait rien d'elle, il la nie avec véhémence et veut sa perte.

Contexte

manager icon Responsables :
Catherine Mavrikakis
host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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