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L'acte performatif du peintre : l'ekphrasis chez Yves Bonnefoy

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Louis-Jean Thibault

Résumé du colloque

Depuis ses débuts dans le monde littéraire et ses premiers travaux de critique d'art, Yves Bonnefoy n'a cessé d'écrire sur la peinture. Nous aimerions démontrer que l'ekphrasis que pratique Bonnefoy, cet exercice longuement recommencé de mise en paroles de représentations visuelles, diffère grandement de l'ekphrasis classique. L'ekphrasis tel que l'entendait les Anciens s'appuyait essentiellement sur une lecture descriptive du tableau, c'est-à-dire sur une lecture qui cherchait avant tout à transposer immédiatement des signes figuratifs dans l'ordre du langage. Bonnefoy demande autre chose à ce qu'il perçoit dans le champ pictural, et en rend compte, que ce soit sous forme de poèmes, d'essais ou de proses poétiques, d'une manière novatrice. Il n'écrit pas sur la peinture dans le simple but de « donner à voir » une oeuvre d'art par des mots, mais davantage pour témoigner du travail à la fois perceptuel et sensible qui s'effectue dans la production de cette oeuvre. Bonnefoy met en effet en scène l'acte performatif du peintre; il évoque de diverses façons ce qui survient entre l'oeil et la toile, l'ekphrasis l'aidant alors à se représenter l'artiste aux prises avec les dilemmes de la représentation. Ainsi nous amène-t-il à ne plus considérer le tableau comme un produit fini qu'il s'agirait de subordonner, par une rhétorique habile et suggestive, à un discours verbal, mais plutôt comme une oeuvre où s'est risquée une pensée et où est intervenue une volonté créatrice. Non plus description, mais interprétation, l'ekphrasis chez Bonnefoy laisse à la fois ouverts l'espace pictural et l'espace textuel : le « je peins » du peintre persiste dans le « je vois » de l'écrivain.

Contexte

manager icon Responsables :
François Dumont
host icon Hôte : Université Laval

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