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L'action communautaire et l'autonomie sociale : les apports de la sociopsychanalyse

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Michel Parazelli

Résumé du colloque

La littérature québécoise traitant des finalités ou de la spécificité de l'action communautaire comporte surtout des réflexions axées sur la catégorisation de modèles d'intervention ou d'orientation politique, des stratégies adoptées, de la population-cible, etc. Certains auteurs proposent leur propre typologie ou leur liste d'éléments d'intervention dans l'espoir de mieux saisir le portrait de la mouvance communautaire. Très rares sont les réflexions abordant la dynamique interne de l'action communautaire autonome ainsi que l'examen critique des conditions pratiques d'intervention favorisant l'autonomie sociale des individus impliqués dans une association communautaire. Créer des liens sociaux de manière volontaire et partager collectivement le pouvoir de définir les problèmes, les besoins et les projets exigent de penser une forme d'organisation permettant de négocier collectivement les désirs inter-individuels. En nous inspirant des travaux du sociopsychanalyste, G. Mendel, et à la lumière de quelques expériences d'action communautaire, nous émettons l'hypothèse que la spécificité de l'action communautaire autonome résiderait dans le fait d'expérimenter collectivement un projet d'appropriation d'actes sociaux. Cette finalité s'appuierait sur l'existence d'une force de nature anthropologique que G. Mendel (1992) appelle le "mouvement d'appropriation de l'acte". Lui-même fondé sur les conditions pratiques du processus de subjectivation, le mouvement d'appropriation d'actes sociaux se buterait constamment à un obstacle anthropologicopolitique majeur: la projection familialiste des rapports sociaux. Pourtant, la société n'est pas une famille. Afin d'atténuer cette forme inconsciente d'aliénation psychosociale (identification familialiste), G. Mendel nous propose un dispositif socio-organisationnel favorisant de façon pragmatique une emprise des sujets sur leurs actes et les effets de leurs actes tout en diminuant l'effet inhibiteur de la dépendance. Cette forme coopérante d'organisation vise à établir un dialogue intra-collectif et inter-collectif avec des "groupes institutionnels homogènes" (selon les actes de travail) de façon à contrer les effets de la fragmentation de l'acte inhérent à la taylorisation du travail. Il s'agit d'une analyse théorique des fondements anthropologiques pouvant nous éclairer sur les conditions institutionnelles nécessaires à une pratique d'action communautaire développant l'autonomie sociale.

Contexte

manager icon Responsables :
Ricardo B. Zuniga
host icon Hôte : Université McGill

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