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L'apprentissage patronal des rois étrangers par les saints anglo-saxons et leurs hagiographes anglo-normands

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Georges Whalen

Résumé du colloque

Les vies de saints, lieux privilégiés de l’histoire locale du haut moyen âge européen, permettent de découvrir les attentes monastiques face à la conduite royale, dans les descriptions des interactions des saints avec les monarques. Dans l’Angleterre du XIe siècle, bien que ces chefs militaires et politiques étaient consignés à un rôle périphérique par les moines auteurs de vies de saints, ils étaient aussi perçus comme de possibles mécènes pour leurs abbayes et, qui plus est, comme des modèles pour les autres mécènes potentiels se trouvant dans le public anticipé du texte. Ces représentations du pouvoir furent plus ou moins contemporaines du deuxième des gouvernants étrangers qui conquirent l’Angleterre au XIe siècle, Guillaume le Bâtard de Normandie (en 1066) ; or les hagiographes utilisèrent le premier de ces chefs, Cnut du Danemark (en 1016), pour offrir une explication quasi didactique de ce qu’ils présentaient comme norme, à savoir le mécénat anglo-saxon. La prédilection normande pour les vitae latines, qui était nettement plus prononcée que chez les anglo-saxons, explique le nombre élevé de dossiers hagiographiques mis à jour par des experts, tels Folcard et Goscelin de Saint-Bertin, les deux dossiers formant la base de cette étude. Dans les nombreux textes écrits après 1066, l’intérêt des hagiographes pour une réconciliation de ces rois conquérants avec les monastères (influents en tant que propriétaires terriens signifiants) transparaît souvent dans la représentation des interventions royales aux résultats assez positifs pour les saints et leurs communautés monastiques. Outre cet intérêt monastique pour le patronage royal, la description de la familiarité évidente entre les rois et les saints donnait l’occasion aux hagiographes de mettre en valeur les avantages possibles de la dévotion aux saints, et offrait un modèle de familiarisation avec les saints assez impressionnant pour inspirer à la nouvelle aristocratie la conduite modèle voulue et jugée désirable par les moines et moniales d’Angleterre. Ce profil idéalisé laisse aussi entrevoir un autre, plus pratique, fournissant deux images qui permettent d’analyser en détail les nombreux liens des monastères anglais avec les conquérants étrangers au pays.

Contexte

host icon Hôte : Université McGill

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