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Le développement de la maladie hollandaise de l’orme suivant l’époque de l’inoculation

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René Pomerleau

Résumé du colloque

Depuis la découverte de la maladie hollandaise de l’orme au Canada, nous avons entrepris une série de recherches sur le développement de cette épidémie sous les conditions qui prévalent dans le Québec. Nous présentons aujourd’hui les premiers résultats des études que nous avons effectuées depuis deux ans à Berthierville en vue de déterminer la période de l’année pendant laquelle l’orme est sensible à l’infection. Pour obtenir des renseignements précis sur ce sujet, nous avons entrepris d’inoculer chaque semaine pendant toute la saison de végétation des ormes avec une suspension de spores du champignon. En 1946, dix jeunes ormes de huit ans furent inoculés sous l’écorce à l’aide d’une seringue hypodermique, à un point situé à mi-hauteur de l’arbre. Pour apprécier les effets de l’infection, nous avons ensuite soigneusement noté chaque semaine le pourcentage sur chaque arbre. L’année suivante, ces mêmes arbres ont été gardés sous observation pendant toute la saison de végétation puis arrachés et disséqués au laboratoire. De cette manière, il a été possible de déterminer le comportement et l’intensité de l’infection dans l’arbre suivant l’époque de l’inoculation. En 1947, une nouvelle série d’arbres furent traités de la même manière et enfin au cours de la présente année cette expérience a été continuée. Pendant les deux dernières années, en plus de la méthode d’inoculation décrite plus haut, nous en avons aussi employé une autre qui consiste à laisser pénétrer une goutte de suspension de spores par une petite fente pratiquée dans l’écorce avec la pointe d’un scalpel. Cinq arbres supplémentaires furent inoculés chaque semaine suivant ce procédé. Les ormes inoculés en 1947 et en 1948 seront respectivement disséqués à l’automne de 1948 et de 1949. Cette étude enfin est complétée par des lectures thermométriques et hygrométriques quotidiennes. D’après les données recueillies la première année et transposées sur un graphique, l’inoculation pendant les deux dernières semaines a réussi chez tous les arbres. En juillet, l’infection se manifeste encore par la flétrissure des feuilles, mais on note déjà une réduction de l’intensité de l’attaque et de la proportion des arbres contaminés. Enfin, les arbres inoculés après le 30 juillet ne donnent pas de signe de flétrissure. Nous avons observé entre autres choses que jusqu’à 85% du feuillage de certains arbres s’est flétri en juin et que la flétrissure se manifeste moins de dix jours après l’inoculation en juin. Plus tard, la proportion du feuillage affecté diminue et les symptômes d’infection retardent à apparaître. Signalons encore que la maladie s’est manifestée en 1947 chez seulement deux arbres inoculés tard dans la saison en 1946. Les résultats obtenus en 1947 sont encore plus étendus et complètent les précédents. En cette deuxième année, nous apprenons d’abord que les arbres sont sensibles à l’infection depuis la mi-mai jusqu’à la fin de juillet et aussi que la période de plus grande sensibilité se situe entre le 15 et le 25 juin. Comme l’année précédente, l’intensité de l’infection et la proportion d’arbres infectés décroît rapidement en juillet pour cesser à la fin du même mois. La dissection des arbres inoculés en 1946 nous a aussi fourni des renseignements supplémentaires intéressants. En déterminant ainsi l’étendue du développement des stries brunes dans les vaisseaux, nous pouvons constater que l’infection se répand dans presque toute la longueur des arbres inoculés en juin. Par contre, le pourcentage de la longueur des arbres où cette décoloration peut être retracée commence à fléchir chez les arbres inoculés en juillet pour cesser presque complètement chez les sujets inoculés après la mi-septembre. On peut cependant déceler un certain développement de l’infection à proximité du point d’inoculation jusqu’à la fin d’octobre. De cette série préliminaire d’observations, nous pouvons déduire dès maintenant que, sous les conditions existant dans le Québec, l’orme est sensible à l’infection de la fin de mai jusqu’à la fin de juillet et que les inoculations effectuées dans la deuxième moitié de juin ont le plus de chances de réussir. Comme on peut s’y attendre, cette période se déplace suivant le lieu. Ainsi dans les États du Connecticut et du Massachusetts, on sait que la période de sensibilité de l’orme commence plus tôt au printemps pour atteindre son sommet aux environs du 1er juin. L’apparition des symptômes externes de la maladie de l’orme cependant ne donne qu’une image incomplète du développement de l’infection. Comme nous l'avons vu en effet, le système vasculaire peut être envahi sur une assez grande étendue même s'il ne se produit pas de flétrissure chez les arbres inoculés en août et même en septembre. Ce fait important indique que le parasite peut s'établir dans un arbre une année sans aucun signe extérieur et se manifester l'année suivante. Un tel comportement de l'infection prendra toute sa signification si nous signalons que, d'après d'autres études, l'insecte vecteur chargé de spores du champignon émerge chez nous des arbres malades en grand nombre surtout en août et en septembre. Nous avons vu que l'infection passe rarement d'une année à l'autre chez des arbres que nous avons inoculés et que cela se produit le plus souvent chez des sujets contaminés à la fin de la saison de végétation. D'autre part, on sait, par des études effectuées aux États-Unis, que les chances d'infection d'une année à l'autre augmentent à mesure que les arbres vieillissent. Nous avons donc tout lieu de croire que, pendant toute la saison de végétation, les inoculations peuvent réussir à déclencher une infection généralisée qui sera fatale. Toutefois, le développement de la maladie sera d'autant plus fort que l'inoculation se produit plus près de la période de plus grande sensibilité. En dernier lieu nous avouons ne pas avoir encore trouvé ici une corrélation directe entre le succès de l'inoculation et les facteurs climatiques tels que la précipitation, le degré d'humidité relative et la température. Cette étude qui, avec d'autres, doit servir de base pour la lutte contre cette maladie devra cependant être poursuivie encore plusieurs années.

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Botanique
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