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Le discours de l'identité collective dans l'œuvre de Ying Chen

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Nathalie Prud'homme

Résumé du colloque

L'identité collective est-elle un enjeu majeur, tant sur le plan formel que thématique, de l'écriture (im)migrante au Québec? Peut-on concevoir un lien social hors de toute forme d'identité collective? L'écriture permettrait-elle ce dépassement sans se retrouver hors de toute socialisation? À ces questions, je greffe deux hypothèses de travail. 1ère hypothèse : Le sentiment d'appartenance sociale, l'identité collective, est une composante essentielle qui complète et assure la sauvegarde de l'identité individuelle, comme le souligne Charles Taylor. 2e hypothèse : Des écritures (im)migrantes au Québec mettent en scène ce besoin d'identité collective qui ne peut se satisfaire de la seule identité individuelle, ni d'une identité planétaire décharnée, sans tremplin pour aller vers l'autre, selon l'expression de Pascal Bruckner. Ces écritures mettent en scène cette recherche ardue, toujours parcellaire d'identité collective, mais dont la nécessité se fait entendre. C'est ce que semblent suggérer du moins des écritures (im)migrantes comme en témoignent Les lettres chinoises (1993), L'ingratitude (1995) et Immobile (1998) de Ying Chen. Le premier roman présente cette quête identitaire à travers l'expérience de l'immigration d'un jeune chinois à Montréal. Le second, sur un plan symbolique, met en scène le combat entre l'individualité et la collectivité incarnées respectivement par une fille et sa mère. Ici le rejet de toute forme de collectivité est associé à la figure de l'individu qui rêve d'auto-engendrement, ce qui ne peut le conduire qu'à sa destruction. Le troisième roman, quant à lui, pose le problème de la relation entre le passé et le présent, où comme le propose Jean Chesneaux (Modernité-monde, 1989) la modernité est amnésiante, "l'homme moderne est en état d'apesanteur historique". De plus, la fragmentation des mémoires, dans ce roman, rappelle Le roman mémoriel de Régine Robin où cette dernière signale qu'il n'y a "pas de mémoire collective sans roman mémoriel, [à comprendre comme...une] structure d'hybridité et de mise en forme narrative du passé".

Contexte

host icon Hôte : Université d’Ottawa

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