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Le journal de Simon Sanguinet ou les récits multiples d'un "témoin oculaire"

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Isabelle Beaulé

Résumé du colloque

Si dans le Québec du XVIIIe siècle, peu d'individus parmi les quelques gens de plume cherchent à s'afficher publiquement comme gens de Lettres, ils n'en participent pas moins à l'éclosion d'une production originale. Chacun à leur manière, ils font montre d'une certaine conception de la narration. L'étude du journal de Simon Sanguinet saura en témoigner. Né à Varennes, près de Montréal, le 16 mars 1733, Sanguinet est l'un des notables de la société montréalaise. Il est tour à tour négociant, notaire, avocat et juge à la Cour des plaidoyers communs. Très actif, il possède une clientèle juridique importante, remplit les fonctions de secrétaire à la fabrique Notre-Dame de Montréal et devient membre d'une loge maçonnique dès 1771. Fervent royaliste, il trouvera dans l'invasion américaine l'occasion de jouer un rôle important sur le plan politique. Afin de retracer les événements marquants de ces années mouvementées, il rédige un journal qu'il intitule «Le témoin oculaire de la guerre des Bastonnais en Canada dans les années 1775-1776», publié par l'abbé Verreau en 1870 seulement. Alors que les premières lignes du journal annoncent le désir d'impartialité de Sanguinet, le ton confirme la subjectivité du commentaire. Non seulement le narrateur s'adonne à une critique qui vise à la fois Carleton, les Canadiens et les marchands britanniques, mais il évoque, dans sa description personnelle de la guerre, un combat sans ardeur et sans sérieux. Derrière la trame de la grande Histoire se cache alors la richesse d'un récit traversé par la «rumeur» sociale (Angenot) et modulé par l'imaginaire populaire d'une époque. Il s'agira donc d'interroger ces chroniques de l'invasion américaine afin de définir les formes de récits qui y sont à l'oeuvre. Comment le sujet raconte-t-il les événements politiques, mais aussi comment se raconte-t-il, lui? Comment l'usage du «récit de soi» participe-t-il à la construction de son identité? Puisque la narration du réel comporte toujours une part de fiction, comment cette fiction se donne-t-elle à lire? En s'attardant à ces questions, notre étude traduira les modes de pensée et de mises en récit d'une société déjà en pleine émancipation intellectuelle.

Contexte

host icon Hôte : Université McGill

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