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Le manuel scolaire : outil pour l’élève ?

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Vincent Carette

Résumé du colloque

Depuis des générations, le manuel scolaire fait partie intégrante de notre paysage scolaire. Élément indissociable de l’école, il est cependant au centre de polémiques et ceci depuis très longtemps. Déjà, au début des années 20, Célestin Freinet dénonçait l’influence négative des manuels scolaires qui, à ses yeux, avaient contribué à faire adhérer les Français à la "boucherie" de la première guerre mondiale. Pour sa part, il les avait tout bonnement supprimés de sa classe et les avait remplacés par sa fameuse "bibliothèque de travail = BT". Presque 80 ans plus tard, le manuel scolaire reste au centre des débats pédagogiques. L’apparition du multi-média, d’internet, de la photocopie repose, au-delà des arguments d’ordre idéologique, la question de son intérêt et de son rôle. Entre ses partisans défendant son rôle démocratique et ses opposants dénonçant son caractère rigide et fermé, le débat est souvent passionné et parfois stérile. Dans le cadre de la société de l’information dans laquelle nous devons former les futurs citoyens, au regard des réformes pédagogiques en Communauté française, devant les avancées des sciences de l’éducation concernant l’apprentissage, le concept "manuel scolaire" doit à nos yeux être remis en question. Ainsi, d’un point de vue pédagogique et didactique, sous l’influence des sciences cognitives, un apprentissage actif permettant la modification ou l’amplification de représentations est de plus en plus prôné. Dans cette perspective défendue d’ailleurs par les décideurs politiques, le manuel scolaire devrait rejoindre au même titre que l’enseignant le statut de "spécialiste". En d’autres mots, ils devraient être un outil permettant à l’enfant de résoudre des situations – problèmes, de s’approprier ou de se réapproprier des concepts et être de ce fait organisé suivant des critères de "consultations". Une analyse d’un échantillon de manuels les plus utilisés à l’école primaire nous a amené à la conclusion que les manuels scolaires n’étaient pas un outil pour l’enfant mais était avant tout un support didactique de l’enseignant. Une analyse plus restreinte de manuels du secondaire nous a amené à la même conclusion. De plus, une hypothèse que nous mettons à l’épreuve dans une recherche venant de débuter est que la conception didactique des manuels scolaires imposant très souvent la progression méthodologique et la didactique de l’auteur est une cause importante de l’abandon de l’utilisation des manuels scolaires au sein des classes. En effet, une partie non négligeable du métier d’enseignant comprend cet aspect méthodologique et didactique. Une utilisation rigoureuse d’un manuel scolaire pourrait entraîner de la part des enseignants un sentiment d’abandon de cette prérogative qui définit à vrai dire leur professionnalisation. Les constats et les hypothèses nous amènent à souligner l’urgence d’une "redéfinition" du concept de manuels scolaires inscrit dans une société de l’information et dans une perspective constructiviste.

Contexte

manager icon Responsables :
Johanne Lebrun
host icon Hôte : Université de Montréal

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