pen icon Colloque
quote

Le néo-institutionnalisme en démocratisations comparées

MG

Membre a labase

Mamoudou Gazibo

Résumé du colloque

Le néo institutionnalisme s'est développé aux États-Unis au début des années 1980, essentiellement en réaction contre les excès du behaviorisme et du développementalisme dominants des années 1960 et 1970 qui ont longtemps occulté le recours aux institutions en tant que variables explicatives. Il a été porté par des auteurs aux orientations différentes, voire opposées, allant du structuralisme de T. Skocpol à l'approche en termes de choix rationnels de Kenneth Shepsle et B. Weingast. Ce développement s'est opéré simultanément dans des domaines aussi divers que l'étude des politiques publiques, de l'État providence, de l'économie politique ou encore du fonctionnement des parlements. L'émergence de cette approche aujourd'hui largement utilisée notamment en politique comparée et en politiques publiques a coïncidé avec le déclenchement en Europe du Sud puis en Amérique latine de ce qu'il est convenu d'appeler à la suite de Samuel Huntington, " la troisième vague ". Les premiers auteurs qui travaillaient sur la question de la démocratisation et qui ont pris part à ce retour des institutions étaient intéressés par le renversement des régimes démocratiques, la nature et le fonctionnement des régimes autoritaires qui les ont remplacés et l'arrivée au pouvoir des premiers régimes démocratiques de la " troisième vague " en Europe du Sud et en Amérique latine. Cet article commence par une brève revue des griefs qui nourrissent le scepticisme sur la capacité de cette approche à mieux comprendre ces processus. Partant du consensus sur le fait qu'il n'y a pas une, mais plusieurs approches néo institutionnalistes, il constate d'abord que leur apport à la littérature sur la démocratisation est cruciale mais asymétrique : l'institutionnalisme historique apparaît comme la plus féconde alors que l'institutionnalisme sociologique est fortement éclipsé par les études culturalistes et que l'institutionnalisme des choix rationnels propose des explications séduisantes, mais souffre des limites inhérentes aux approches en termes de rationalité. Ensuite tout en mettant l'accent sur la première branche, l'article montre que les concepts et les modèles explicatifs néo institutionnalistes sont d'une ambition et d'une utilité inégales selon qu'il s'agisse de rendre compte du passage à la démocratie, de la consolidation de l'ordre institutionnel ou de l'échec de l'institutionnalisation. Enfin, à travers la double offensive contre les limites de la transitologie - celle relative à ses prétentions comparatives et celle plus récente relative à ses " impensés " -, l'article montre l'ambivalence de la perception de l'apport du néo institutionnalisme à l'étude des démocratisations.

Contexte

manager icon Responsables :
Élaine Dupré
host icon Hôte : Université Laval

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :