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Le second empire du passé. L'agonistique des récits chez Marx

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Jean-François Hamel

Résumé du colloque

Que Marx soit demeuré fidèle aux principes de la poétique aristotélicienne alors même qu'il remettait la dialectique hégélienne sur ses pieds, nul lecteur du Manifeste ne peut en douter. Le récit marxien de la lutte des classes reprend en effet, terme à terme, le jeu complexe des péripéties et des reconnaissances en une intrigue une et complète qui configure le destin de l'humanité suivant les règles des tragédies de jadis. C'est l'agonistique de l'événement révolutionnaire et de la narrativité historique qui paraît alors oblitérée. Mais la grande concordance des temps du Manifeste ne résistera pas à l'analyse des révolutions de 1848 et de la brève résurgence de la République à la veille du Second Empire. Marx y discernera d'étranges bégayements de l'histoire, des duplications de personnages et des revenances événementielles qui l'obligeront à redéfinir l'arraisonnement de l'idéologie et de la matérialité de l'histoire, ainsi que son activité historiographique. Cette communication voudrait expliquer comment Le dix-huit brumaire de Louis Bonaparte avance une théorie agonistique de la narrativité selon laquelle la sémantique de l'histoire, insuffisante pour rendre compte des luttes sociales et de leurs effets de répétition, doit s'ouvrir à une pragmatique des récits en mesure de dégager les puissances effectives de l'opération narrative. Il s'agira en outre de démontrer que la réflexion sur l'efficace de la narrativité dans Le dix-huit brumaire a pour corollaire une politique du deuil dont la finalité n'est pas sans évoquer ce que Baudelaire appelait une « mémoire du présent ».

Contexte

host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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