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Le texte/musée : pour une esthétique visuelle et littéraire au féminin

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Claudine Potvin

Résumé du colloque

Cette communication vise à explorer le rapport intertextuel entre les discours visuel et littéraire à partir de quelques exemples de la littérature québécoise au féminin de 1975 à nos jours (Brossard, Desautels, Gagnon, Harvey, Warren, Proulx, etc.). Il s'agit de déterminer dans quelle mesure l'image débouche sur un dispositif narratif qui engendre l'écriture et jusqu'à quel point celle-ci appelle l'artifice, le cadre, le spectacle, voire l'esthétique optique. Par extension, mon étude vise à montrer comment, à travers une rhétorique postmoderne et idéologiquement articulée sur la transgression, ces écrivaines déconstruisent les concepts traditionnels de représentation, de chef-d'oeuvre et d'autorité et comment elles (ré)écrivent et (re)dessinent leurs corps, leurs voix, leur vue sur un canevas qu'elles redéfinissent en partie, ébauchant de la sorte une politique du regard axée sur le mot et l'image. Cerner l'émergence de l'« image » dans l'écriture permet de mieux comprendre le rapport que l'esthétique visuelle des auteures étudiées garde avec des choix d'écriture donnés ainsi que le procès de production et de réception du texte. D'une part, sous forme d'allusion, d'illustration, de représentation, de scénographie ou de motif, le visuel fait émerger un effet textuel ou « fait voir » le texte d'une certaine manière (effet « tableau » de l'écriture); de l'autre, le littéraire semble se servir du visuel et cherche à le décrire, le parler, l'encadrer, l'investir du langage écrit pour le déconstruire ou le monumentaliser et l'archéologiser, discours de sa propre représentation (l'art comme parole). Finalement, en articulant, à l'occasion ou autrement, leur écriture autour du visuel et en privilégiant l'expérience muséographique comme nouvelle forme de relation du lecteur/spectateur au texte et de l'oeil de l'autre à la « toile », ces auteures inscrivent leur texte précisément et paradoxalement, du moins en apparence, en dehors du musée (celui dont elles ont été exclues). Or, le texte/musée qu'elles fabriquent les y loge à nouveau puisqu'il réduit la frontière entre la présentation et la représentation, la reproduction et le mythe, l'illusion et la réalité : du discours féministe à une sémiotique visuelle (tout aussi féministe), de l'art comme filtre technologique au livre comme objet d'art, du corps/texte au texte/musée et à la métaphore corporelle (en tant que mise en scène du voir dans l'écriture conçue comme lieu d'expérimentation), de la fonction de l'illustration au texte/performance et exposition.

Contexte

manager icon Responsables :
Isabelle Boisclair
host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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