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Résumé du colloque
Comment réfléchir la peinture quand on l'expose et quand il s'agit d'écrire sur elle ? Comment assurer la rencontre des œuvres dans l'espace de la galerie en sachant pertinemment que l'exposition s'apparente au récit et que la visibilité de l'une a pour impératif la lisibilité de l'autre ? Comment le faire quand les œuvres à voir et à lire portent les indices d'un retrait ou d'un excès iconographique, d'une identité résorbée ou exacerbée, d'un portrait individualisé ou historié ? Louise Déry s'y attache, en prenant prétexte de l'exposition Le touché de la peinture, dans laquelle elle a réuni des œuvres de Françoise Sullivan et Monique Régimbald-Zeiber de Montréal et de Aïda Kazarian de Bruxelles. Elle se montre soucieuse du paradoxe suivant : la peinture touchée, celle qui est marquée par l'empreinte, celle qui touche et qui trouble, celle qui active le regard au-delà et en deçà de la trace sur la toile, c'est aussi celle qui cache, qui dissimule quelque chose sous le pinceau ou le doigt, qui pointe le manque. Dans ces pratiques réunies, la peinture se révèle à la fois comme l'empreinte du mouvement du corps devant la toile, comme la signature autographe ou comme le véhicule d'inscription d'une réalité historico-culturelle soutenue. Tant les traces, couches et inscriptions produites, que ce qui relèverait d'une tension entre l'image manquante et l'image traduite, sont au cœur du projet. Dans leur pratique respective d'un certain « touché de la peinture », dans le travail de désencombrement du sujet autant que dans une possible « récalcitrance » logée derrière le motif peint, les artistes impliquées dans ce projet se situent dans un registre de la picturalité qui, sous des apparences non figuratives, porte tout de même des figures personnelles, transporte des écritures collectives et provoque des lectures nouvelles. La commissaire explore certaines clés de la nécessaire mise en énigme qui résulte de la relation des œuvres entre elles, et de leur lien à l'espace « touché » par leur présence. Rien n'est neutre dans cette dynamique car même le vide participe au phrasé de l'exposition.
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