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Le travail émotionnel : quels enjeux éthiques?

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Sophie Rietti

Résumé du colloque

Dans les discussions des enjeux éthiques concernant le travail émotionnel, les débats ont eu une tendance (d'ailleurs assez naturelle) à se concentrer sur ce que Hochschild nomme « emotional labor », c'est-à-dire le travail émotionnel salarié, à distinguer du travail émotionnel fait dans l'économie de cadeau de la vie personnelle. Or, il en résulte souvent qu'on explique trop facilement les problèmes associés au travail émotionnel par appel à la marchandisation (''commodification''). Par contre, des problèmes semblables – l'exploitation, le burnout, l'aliénation du travailleur et celle des autres, la perte d'authenticité – se rencontrent aussi dans le contexte du travail émotionnel « cadeau » de la vie personnelle. Nous dirons donc que les mêmes questions se posent pour le travail émotionnel salarié et non-salarié : selon quelles normes va-t-on gérer ses émotions et les émotions des autres ? Selon quelle division de travail ? Comment régler les conflits normatifs ? Et surtout : cui bono – qui devrait le faire ? On voit souvent que les mêmes problèmes se produisent dans la sphère professionnelle et la sphère privée, au niveau politique et au niveau économique. En reconnaissant cela, on distingue mieux quels sont les enjeux spécifiques au travail salarié, ce qui permet ensuite de mieux soulever les questions normatives : quels sont les types de travail émotionnel légitimes dans la vie salariée, et quelles en sont les conditions ?

Contexte

host icon Hôte : Université de Montréal

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