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L’effet à long terme de l’aménagement de rivière sur l'habitat physique de la truite mouchetée (Salvelinus fontinalis) dans la rivière Lawrence Creek, Wisconsin

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Olivier Champoux

Résumé du colloque

Depuis plusieurs décennies, la dégradation de la qualité de l’habitat des salmonidés en rivières inquiète les gestionnaires, les pêcheurs sportifs et les scientifiques. Aux États-Unis et au Canada, des travaux visant à améliorer les habitats fluviaux ont souvent donné de bons résultats à court terme. Par ailleurs, peu d’études ont porté sur l’impact à long terme des aménagements sur l’habitat des salmonidés et sur la dynamique des rivières. Le but de notre étude est de documenter l’effet de structures aménagées dans une petite rivière du Wisconsin. La Lawrence Creek a été aménagée en 1966 en raison de la diminution importante des superficies de l’habitat physique propice à la truite. Suite aux travaux d’aménagement, Hunt (1969, 1971, 1976) a montré que l’amélioration de l’habitat physique dans la rivière a contribué à l’augmentation des populations de truites. Nous avons comparé les cartes d’habitats produites en 1963 et en 1966 à une nouvelle carte que nous avons réalisée en avril 1999 sur une distance de 600 m. Cette carte couvrait deux sections géomorphologiques distinctes, soit une section coulant sur des dépôts morainiques et une autre, en aval, sur des dépôts d’épandage glaciaire. Nos résultats indiquent que l’habitat dans la Lawrence Creek est meilleur qu’en 1963, mais régresse par rapport à l’état de 1966. La superficie des fosses a augmenté de 134 % de 1963 à 1966 pour ensuite diminuer de 22 % entre 1966 et 1999. La longueur du couvert, offert par les structures encore en bon état a aussi fortement diminué passant de 420 m en 1966 à 228 m en 1999 représentant une diminution de 46 %. Il semble en effet que les processus d’ajustement soient actifs malgré l’apparente stabilité apportée par les structures aménagées en 1966. Une carte des forces tractrices près du lit montre que la section morainique est propice à l’instabilité. Les sédiments de cette section sont transportés vers la section aval, changeant le bilan sédimentaire et par conséquent les processus d’ajustement. Cette instabilité semble être la cause de la dégradation des structures observée sur le terrain. Même si on constate que les habitats pour la truite demeurait bonne en 1999, les processus d’ajustement entraînent une dégradation lente des habitats. Tout porte à croire que le manque d’entretien et l’emplacement initial des structures est responsable d’un retour vers un état moins stable qu’en 1966.

Contexte

host icon Hôte : Université de Montréal

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